Comment ça se passe du côté des animaux? Fêtent-ils eux aussi la Saint-Valentin? Non, bien sûr! Mais il se passe tout de même des choses assez stupéfiantes dans le monde animal en ce qui concerne le sexe.

Un texte d'Ève Christian

N'oublions pas que d'un point de vue biologique et de celui de l'évolution, chaque espèce tient mordicus à passer son patrimoine génétique à l'autre génération afin d'avoir une relève. Autant il y a de diversité biologique, autant il y a de comportements pour arriver à l'acte sexuel.

Les instruments du désir de Monsieur et de Madame

Évidemment, je ne vous apprends rien en vous disant que chez l'espèce humaine, les seins des femmes ne servent pas qu'à nourrir les petits. Mais il en est autrement pour les autres mammifères. Pendant la saison des amours, autant l'étalon, le chimpanzé que le cerf n'ont rien à faire des mamelles de leur femelle, s'intéressant plutôt à leur vulve et à ses odeurs.

Une étude comparative des dimensions des attributs sexuels mâles (curieux, messieurs?) nous permet de comprendre notamment pourquoi le gorille, qui est pourtant un singe de grande taille, est pourvu d'un pénis ne mesurant que 5 cm. C'est simple : le mâle le plus imposant va se constituer un harem avec les plus belles femelles de la région, et il n'aura donc pas à prouver quoi que ce soit pour se trouver une compagne au moment de se reproduire!

C'est la balane, un petit crustacé, qui détient le record du pénis le plus long par rapport à la taille de son propriétaire : son organe atteint au moins huit fois la longueur de son corps. Mais là aussi, il y a une explication. Le crustacé passe sa vie accroché à un rocher; c'est donc son organe qui fouine aux alentours à la recherche de la partenaire idéale.

Le jeu de la séduction

Les animaux mettent le paquet quand vient le temps de séduire, puisqu'un bon jeu amènera plus rapidement le couple au but ultime : se reproduire. Il y a plusieurs façons de se faire la cour, soit par des gestes, des actions, des cadeaux. Si on se fie aux achats de chocolat, fleurs et bijoux à l'approche de la Saint-Valentin, on constate que l'Homo sapiens utilise ce prétexte pour faire ou refaire la cour à l'être aimé.

Chez les animaux, certains, comme le paon, se mettent sur leur 36, d'autres émettent leur plus beau chant, font des danses compliquées ou des parades nuptiales. Il y a des espèces qui sont plutôt manuelles : les mâles chez certaines espèces de poissons et d'oiseaux érigent des palais magnifiques, indiquant ainsi à leur femelle qu'ils sont prêts à former un nid et à recevoir les rejetons.

Puis, d'autres offrent des cadeaux! Des chimpanzés mâles volent des fruits dans des villages situés à proximité pour les offrir à une jeune femelle en âge de procréer, alors que les moucherons mâles offrent des proies bien juteuses à leur femelle, mais... ils profitent du moment où elle s'empiffre pour s'accoupler avec elle. Le charme est rompu instantanément, j'en suis certaine!

Les mâles mènent, mais pas toujours

En général, ce sont les messieurs qui amorcent les manoeuvres de rapprochement dans le monde animal, mais bien souvent, les femelles décident de l'issue de l'histoire.
Par exemple, les dames zèbres ont compris qu'il vaut parfois mieux ne pas s'obstiner avec monsieur. Plutôt que de risquer d'être blessée en refusant les avances d'un gros mâle, elles le laissent faire, mais elles éjectent tout le sperme dans les minutes qui suivent son départ.

Quant aux femelles des primates, elles sont actives lors des ébats sexuels, décidant des positions ou allant même jusqu'à troquer de la nourriture en échange de faveurs sexuelles.

Prostitution, adultère, autoérotisme et orgasme

Vous avez bien lu. Certaines espèces utilisent leur corps pour accéder à des ressources. Un exemple flagrant de la chose est constaté chez les manchots d'Adélie. Leur habitat étant froid et glacial, ils ont besoin de pierres pour construire leurs nids et pour protéger leurs oeufs; et elles se font rares dans cet environnement. Donc, la dame du couple 1 va faire de l'oeil au monsieur du couple 2, et en échange d'une copulation, elle aura droit de rapporter des pierres pour fortifier son propre nid.

Des études indiquent que l'espèce humaine n'a pas l'exclusivité des comportements érotiques dans un but autre que celui de la reproduction. On a observé que des centaines d'espèces, dont le dauphin, le chameau et le cheval, pratiquent la masturbation. Évidemment, puisqu'ils sont dépourvus de mains, ils font preuve d'une grande imagination. Chez les primates, où la pratique est plus simple, la masturbation est commune.

Chez les bonobos, le sexe est utilisé à d'autres escients que la reproduction. Puisqu'ils vivent au sein d'une société bien hiérarchisée, ils ont des relations sexuelles avec un autre individu pour diminuer les tensions au sein du groupe, pour sceller des amitiés ou pour accéder à des échelons supérieurs.

Cependant, la science n'a pas réussi à dire si les primates ressentent du plaisir lors de l'acte. Puisque les chimpanzés sont les plus près de nous dans l'évolution des vivants, on a étudié leur cerveau pendant l'acte sexuel pour voir ce qui se passait. Un schéma similaire à celui de l'Homo sapiens a été constaté : une excitation avant et pendant la copulation suivie d'un relâchement. Mais on n'arrive pas à déduire s'il y avait orgasme ou non. Tout porte donc à croire que l'espèce humaine a l'exclusivité quant à la quête du plaisir ultime lors de l'acte sexuel.

Vous voulez en savoir plus? Je vous suggère Bêtes de sexe, un livre écrit par un duo de scientifiques : le biologiste Michel Lebœuf et le vétérinaire Michel Quintin. Sans photos ni illustrations, mais avec tableaux et encadrés, cet ouvrage offre un lot d'informations surprenantes sur le monde animal, dans le sens large du terme.

Bonne Saint-Valentin!