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La sonde Osiris-Rex entame sa mission, une technologie canadienne à bord

La sonde américaine Osiris-Rex, avec une technologie canadienne à son bord, a décollé jeudi soir de la Floride dans le but de récolter des échantillons de l'astéroïde Bennu et de les ramener sur Terre. 

Osirix-Rex mettra deux ans à rejoindre Bennu, qui a un diamètre de 500 mètres. L'astéroïde tourne autour du Soleil et suit une orbite un peu plus ample que celui de la Terre.

L'échantillonnage n'aura lieu qu'en 2020, après deux années d'observations scientifiques pour choisir le meilleur endroit pour récolter l'échantillon. La sonde robotisée reviendra sur Terre en 2023.

La sonde pèse 1,5 tonne et fonctionne à l'énergie solaire. Le coût de la mission est estimé à 800 millions de dollars américains.

Contribution canadienne

À bord de la sonde, construite par Lockheed et Boeing, se trouve un altimètre laser. C'est un système lidar qui compte 4000 pièces mécaniques et 3000 composantes électriques. Cet altimètre a été conçu par une équipe scientifique canadienne de diverses universités du pays et de l'Agence spatiale canadienne (ASC).

Cet instrument, qui produit moins d'énergie qu'une ampoule de 75 watts, créera pendant six mois des cartes 3D de la surface de l'astéroïde. Cette cartographie permettra aux scientifiques de choisir le site idéal pour recueillir un échantillon.

« L'instrument OLA est une véritable vitrine du savoir-faire scientifique et de l'expertise technique du Canada. Premier modèle d'une toute nouvelle catégorie d'instruments de télémétrie laser destinés à des missions visant des astéroïdes et des comètes, il peut mesurer à très haute résolution la forme et la topographie de ces corps célestes, tout en permettant d'autres types d'observations », explique Michael Daly, scientifique responsable de l'instrument.

Afin de récupérer l'échantillon, un bras mécanique de trois mètres touchera Bennu pendant moins de cinq secondes. Des jets d'azote soulèveront alors un nuage de poussière qui sera aspiré à l'intérieur de la sonde. La sonde contient suffisamment d'azote pour seulement trois essais. La précision de la cartographie du système canadien sera donc extrêmement importante pour assurer la réussite de la mission.

L'instrument qui ressemble à un aspirateur a été inventé par un ingénieur de Lockheed Martin dans son garage.

Pour souligner la contribution des chercheurs de l'ASC à cette mission, le Canada pourra conserver 4 % de l'échantillon rapporté, qui sera étudié dans les laboratoires du pays. Les scientifiques espèrent récupérer au moins 60 grammes de matière.

Il s'agira de la plus grande quantité de matériaux extraterrestres ramenée par l'agence spatiale depuis le programme Apollo (1969-1972). Les astronautes avaient alors rapporté 362 kilos de roches lunaires.

Seule une sonde japonaise, Hayabusa 1, a réussi à rapporter sur Terre moins d'un milligramme d'échantillon de l'astéroïde Itokawa, en 2010.

Lorsque la sonde approchera de nouveau la Terre, les fragments d'astéroïde seront largués à bord d'une capsule qui se posera dans le désert de l'Utah en septembre 2023.

Comprendre la menace des astéroïdes et l'origine de la Terre

La mission a pour objectif de lever le voile sur des questions fondamentales portant sur la formation de notre système solaire et l'origine de la vie. Les chercheurs croient que l'échantillon pourrait contenir du carbone aussi vieux que le système solaire, soit 4,5 milliards d'années.

« On peut voir ces astéroïdes comme des usines chimiques prébiotiques qui produisaient des morceaux de vie il y a 4,5 milliards d'années, avant la formation de la Terre et le début de la vie ici », dit l'astrobiologiste de la NASA, Daniel Glavin.

L'analyse des matériaux pourrait donc expliquer comment la vie a pris naissance sur Terre et ailleurs.

La mission permettra aussi de :

  • vérifier l'hypothèse selon laquelle ce type d'astéroïde a apporté l'eau et les matériaux précurseurs de la vie sur la Terre;
  • mesurer l'« effet Yarkovsky », un phénomène thermique, qui, sous l'effet du soleil, agit sur la trajectoire des astéroïdes;
  • aider à mieux prévoir les orbites des astéroïdes et possiblement permettre de dévier la course de ceux qui pourraient menacer de frapper la Terre;
  • évaluer le potentiel d'exploitation minière des astéroïdes qui pourraient être riches en minerais.

Selon les calculs de la NASA, il existe une chance sur 2500 que Bennu entre en collision avec la Terre entre 2175 à 2196.

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