Des chercheurs ont annoncé mercredi avoir réussi à décrypter la quasi-totalité du génome du quinoa, une avancée qui devrait faciliter l'essor de la culture de cette « graine d'or » qui pourrait aider à nourrir la planète.

Le génome du quinoa, de son nom scientifique Chenopodium quinoa, comporte plus de 1,5 milliard de briques d’ADN. Pour avoir une idée de la complexité que cela représente, il faudrait 500 000 pages pour l’imprimer en entier sur papier.

Cette découverte est importante, car cette petite plante cultivée dans les Andes depuis des millénaires pourrait bien porter la solution à la faim dans le monde.

La « graine d’or » d’Amérique

Le quinoa est riche en vertus nutritives. Souvent mépris pour une céréale, ce qu’il n’est pas réellement, il fait partie de la famille des Chénopodiacées, dont font également partie la betterave et les épinards.

Très digeste, sans gluten, pauvre en lipides, mais riche en fer, en Oméga-3 et en protéines, le quinoa est le seul aliment végétal possédant tous les acides aminés essentiels au maintien d’une bonne santé. Sa valeur nutritionnelle est même supérieure à celle de l’œuf.

Le quinoa offre également d’autres avantages : « il est incroyablement résistant », selon Mark Tester, professeur à l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah, en Arabie Saoudite.

« Il peut pousser sur des sols pauvres, salins et à des altitudes élevées » jusqu’à 4000 mètres, souligne le professeur qui a dirigé l’équipe internationale de chercheurs dont l’étude sur le quinoa a été publiée par la revue Nature.

« Le quinoa pourrait constituer une source de nourriture saine et riche en nutriments », particulièrement dans les régions les plus arides et sèches.

« La connaissance de son génome nous fait faire un pas de plus dans cette direction », ajoute M. Tester.

L’obstacle de la saponine

Le quinoa a cependant un défaut : il produit une substance amère appelée saponine, en raison de la mousse qu’elle produit, et qui ressemble à celle du savon, lorsqu’on l’agite dans l’eau.

Cette substance lui sert de protection naturelle contre les oiseaux et les insectes.

Avant d’être consommé, le quinoa doit donc être rincé à l’eau afin d’éliminer la pellicule de saponine qui le recouvre.

Cette caractéristique peut représenter un obstacle à sa consommation dans les régions du monde où la population n’a pas toujours accès à des sources d’eau.

Or, les chercheurs sont parvenus à identifier l’un des gènes du quinoa qui semble responsable de la production de saponine.

Savoir repérer ce gène « pourrait faciliter la sélection de plantes sans saponine pour donner aux graines un goût plus doux », estime M. Tester.

Il y a 5000 ans, le quinoa était à la base de l’alimentation des civilisations précolombiennes. Depuis quelques années, il est devenu très populaire dans les pays occidentaux.

Le Pérou et la Bolivie demeurent les principaux producteurs de quinoa dans le monde.