L'origine du gigantesque glacier d'azote en forme de cœur découvert sur Pluton en 2015 par la sonde New Horizons a été expliquée par des scientifiques français.

Un texte d'Alain Labelle

François Forget et Tanguy Bertrand, du Centre national de la recherche scientifique de France, ont établi que l'insolation et la nature de l'atmosphère de la planète naine favorisent la condensation d'azote près de l'équateur, dans les régions de basse altitude.

Cette réalité entraîne une accumulation de glace au fond du bassin topographique appelé Sputnik Planum.

Glace d'azote, givre de méthane et glace de monoxyde de carbone : Pluton est un paradis pour les glaciologues. Les chercheurs ont également percé le mystère de la distribution particulière des autres types de glaces observées à sa surface et de l'abondance de leurs constituants dans l'atmosphère.

Jusqu'à aujourd'hui, la répartition de ces différentes glaces sur Pluton restait un mystère. Pour comprendre les processus physiques à l'œuvre sur Pluton, les chercheurs ont mis au point un modèle thermique de la surface de la planète naine, capable de simuler les cycles de l'azote, du méthane et du monoxyde de carbone sur des milliers d'années.

Ils ont ensuite comparé ce modèle aux observations fournies par la sonde New Horizons. Leur modèle montre que c'est l'équilibre solide-gaz de l'azote qui permet de le piéger sous forme de glace dans Sputnik Planum.

Au fond de ce bassin, la pression de l'atmosphère - et donc de l'azote gazeux - est plus forte, et la température est plus élevée qu'à l'extérieur, ce qui permet à l'azote de s'y condenser en glace4. Les simulations montrent que la glace d'azote s'accumule inévitablement dans le bassin, formant ainsi un réservoir d'azote permanent tel qu'observé par New Horizons.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Nature.

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