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Le Gulf Stream ralentit bel et bien, mais très tranquillement

Le courant océanique chaud appelé Gulf Stream ralentit bel et bien, et ce phénomène prend racine dans l'hémisphère sud, ont constaté des climatologues américains.

La chercheuse Kathryn Kelly et ses collègues du Laboratoire de physique de l'Université de Washington ont analysé les informations recueillies pendant plus de 10 ans à l'aide de satellites et de capteurs placés dans l'océan Atlantique au large de Miami.

Les données montrent un ralentissement du courant depuis 2004, ce qui confirme la tendance établie à partir des données épisodiques, mais qui ne faisait pas l'unanimité dans la communauté scientifique.

Le Gulf Stream, qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas, permet à l'Europe occidentale de jouir d'un climat tempéré jusqu'à des latitudes très élevées. Sans lui, les hivers parisiens seraient probablement aussi froids que ceux du Québec. Il adoucit également le climat de la côte est américaine.

Beaucoup de scientifiques pensent que le réchauffement climatique conduira à la longue à un ralentissement, voire à un arrêt, du système des courants océaniques terrestres, appelé circulation thermohaline.

L'Europe ne refroidira pas

Ces travaux tendent à montrer que, au lieu de causer un refroidissement de l'Europe, le ralentissement de la circulation thermohaline mènera plutôt à un réchauffement plus progressif du continent, comparativement à d'autres régions du globe.

Les glaciers ne sont pas responsables

Cette baisse de régime du courant ne serait pas due à la fonte des glaciers en Arctique, comme beaucoup le pensaient.

En fait, malgré la fonte de ces derniers, l'eau à la surface devient de plus en plus salée dans l'Atlantique Nord. Donc, le changement ne serait pas dû à la salinité de l'eau.

Les auteurs de ces travaux publiés dans les Geophysical Research Letters associent plutôt le ralentissement à un phénomène qui se trouve au sud du continent africain : le courant des Aiguilles.

Ce courant est la principale source de chaleur, mais aussi de sel pour l'eau de surface de l'Atlantique, ce qui le fait interagir avec le Gulf Stream et le climat global.

Kathryn Kelly pense que des changements atmosphériques pourraient influer sur les deux courants simultanément.

En 2008, une combinaison d'images satellitaires et d'analyses de chercheurs du Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme et de l'Université japonaise d'Hokkaido montrait que le courant influence l'ensemble de la troposphère, qui s'étend de 8 à 15 km au-dessus du niveau de la mer.