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Le manque d'oxygène pourrait menacer la biodiversité du Saint-Laurent

La mission de 13 chercheurs sur le Coriolis II a permis d'observer la plus basse concentration d'oxygène dissous jamais enregistrée dans les eaux profondes du Saint-Laurent.

Lors de cette mission, qui s'est déroulée entre le 12 et le 21 juin, les chercheurs ont défini une zone d'hypoxie, c'est-à-dire où il y a peu d'oxygène dissous dans l'eau.

Cette zone s'étend de Tadoussac à Sainte-Anne-des-Monts, mais c'est au large de Rimouski et de Matane que les concentrations les plus basses ont été enregistrées. Dans ces secteurs, les chercheurs ont observé des concentrations de 45 micromoles d'oxygène par kilogramme d'eau.

« Les concentrations d'oxygène dissous sont beaucoup plus élevées habituellement, de l'ordre de 200 à 300 micromoles par kilogramme », explique le chercheur Yves Gélinas, qui a pris part à la mission.

M. Gélinas note que les concentrations en oxygène dissous sont à la baisse depuis au moins une dizaine d'années. Il estime que cette faible concentration pourrait avoir un effet sur les écosystèmes.

Cette diminution de la concentration d'oxygène s'explique notamment par le réchauffement des eaux profondes, parce que plus la température est élevée, moins l'oxygène est soluble dans l'eau.

Cartographier la contamination du fleuve

Par ailleurs, les 13 chercheurs qui ont pris part à la mission de 10 jours sur le Coriolis II ont aussi eu comme mandat de faire une cartographie de la contamination du fleuve par des produits d'origine pétrolière.

Un portrait plus complet devrait être disponible dans cinq à six mois, mais les premières mesures semblent indiquer que le Saint-Laurent est peu contaminé par des hydrocarbures à l'heure actuelle.

Le professeur-chercheur au département de chimie et biochimie de l'Université Concordia, Yves Gélinas, explique que cette cartographie est nécessaire, surtout avec la Stratégie maritime du gouvernement du Québec, qui vise à augmenter le transport maritime.

Il considère qu'il est vraiment important, « tant au niveau scientifique que juridique », de pouvoir avoir un portrait de la présence d'hydrocarbures dans le fleuve à des fins de comparaison pour les années à venir ou advenant un déversement.

D'après les informations d'Ariane Perron-Langlois

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