Les restes fossilisés d'une espèce de Hyaenodon, rappelant le lynx actuel, ont été découverts en Tanzanie par une équipe internationale de paléontologues.

Un texte d'Alain Labelle

Le Pakakali rukwaensis vivait il y a 25 millions d’années, durant la période oligocène, dans ce qui est aujourd’hui le bassin du rift Rukwa.

Son nom est dérivé du mot swahili pakakali, qui signifie « chat féroce » et rukwaensis, pour la région du rift « Rukwa » située dans la vallée du grand rift, au sud-ouest de la Tanzanie.

Le Hyaenodon est un genre éteint de mammifère carnivore.

À la suite de l'extinction des dinosaures non aviaires, il y a 66 millions d'années, le Hyaenodon était le principal prédateur du continent africain.

Toutefois, il y a 23 à 25 millions d’années, des nouveaux prédateurs sont apparus sur le continent. Ces ancêtres actuels des chats, des chiens, et des hyènes ont coexisté avec les espèces de Hyaenodons pendant des millions d’années.

Les paléontologues espèrent maintenant démêler la dynamique de l'extinction du mammifère prédateur qui dominait les écosystèmes africains de cette époque.

La fin de cette époque correspond à un important changement du climat de la région. Il y avait aussi une forte activité tectonique alors que l'Afrique entrait en collision avec l'Eurasie et que le système moderne de rift d'Afrique de l'Est se formait.

En outre, ce fossile donne aux scientifiques un aperçu de l'anatomie du Hyaenodon avant que les carnivores modernes envahissent le continent.

La bête avait à peu près la taille du lynx roux, qui vit actuellement en Amérique du Nord.

Selon les auteurs de ces travaux, publiés dans la revue PLOS ONE (en anglais), les habitudes alimentaires du Pakakali rukwaensis ont peut-être été modifiées par la concurrence de nouveaux prédateurs.

Cette spécialisation alimentaire peut l’avoir rendu plus vulnérable à l'extinction, dans un écosystème africain en mutation, en lui laissant moins de choix alimentaires.

L’équipe de recherche regroupe des paléontologues américains, australiens et tanzaniens dans le projet du bassin du rift Rukwa (RRBP), une collaboration internationale qui tente de cerner l’évolution de l’écosystème de cette région d’Afrique.

Cet été, une équipe avait annoncé l’identification d’une nouvelle espèce de sauropode à partir d’ossements découverts dans la même région.

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