La Semaine mondiale de la vaccination, une initiative de l'Organisation mondiale de la santé, est célébrée tous les ans à la fin d'avril. L'édition 2017 se terminera dimanche 30 avril. Elle avait pour slogan une affirmation simple, directe et vraie : « Les vaccins, ça marche! »

Un texte de Yanick Villedieu, animateur de l'émission Les années lumière

Ça marche, effectivement. Et ça sauve des vies. De deux à trois millions de vies chaque année, estime l’OMS. Les vaccins restent encore l’un des plus grands moyens d’améliorer le bilan de santé des populations et l’une des plus grandes inventions de la santé publique.

Critiqués, parfois même vilipendés dans les pays riches, les vaccins sont attendus et réclamés dans les pays pauvres. C’est-à-dire dans les pays où les maladies infectieuses frappent encore lourdement – comme elles le faisaient chez nous avant la mise au point des vaccins. Dans les pays du Sud, près de 20 % des enfants n’ont toujours pas accès à la vaccination.

Bien sûr, ce n’est pas seulement grâce aux vaccins qu’on a mis en échec un grand nombre de maladies infectieuses. L’amélioration des conditions de vie, de l’alimentation et de l’hygiène, ou encore certaines mesures de prophylaxie simples y sont aussi pour beaucoup. Qu’on pense par exemple au condom, contre les infections transmissibles sexuellement, ou à la désinfection des mains à l’entrée des hôpitaux et d’autres édifices publics.

Mais rien à faire : sans les vaccins, la victoire contre les maladies microbiennes, et idéalement leur éradication, reste difficile. Le paludisme, qu’on appelle aussi malaria et qui tue encore plus de 400 000 personnes chaque année, en est un bon exemple. Entre 2010 et 2015, les mesures de prévention habituelles ont eu un impact certain. Grâce, par exemple, aux moustiquaires imprégnées d’insecticide, ou encore au traitement préventif, avec des médicaments, des femmes enceintes et des enfants, le nombre de cas a diminué de 21 % dans le monde. Les décès, de 29 %.

Pourtant, il faut faire mieux, affirme l’OMS. Si sept pays ont été déclarés exempts de paludisme depuis 2007, on vise à obtenir le même résultat dans une trentaine d’autres pays d’ici 2030. Avec les mêmes stratégies de prévention. Et peut-être aussi grâce à… un vaccin antipaludéen.

La bonne nouvelle de la semaine, en effet, c’est qu’on commencera en 2018 un essai à grande échelle du vaccin RTS-S, développé depuis le milieu des années 1980 par la multinationale GlaxoSmithKline. Cet essai à grande échelle se déroulera dans trois des pays les plus touchés, le Ghana, le Kenya et le Malawi. Il durera deux ans et il impliquera plus de 750 000 enfants. À noter qu’un essai de ce vaccin à plus petite échelle, avec 15 000 enfants, un essai de phase 3 portant sur la sécurité et l’efficacité du vaccin, avait été jugé concluant par l’Agence européenne du médicament et par l’OMS.

Le RTS-S, il faut le souligner, n’est pas un vaccin idéal, efficace dans 100 % des cas. Il permet de réduire le nombre de crises paludiques, sans les éliminer toutes. Mais il sera un complément aux méthodes actuelles de prévention, donc un moyen de plus pour diminuer le fardeau de cette maladie.

Et, si l’essai est concluant, une preuve de plus que, comme le dit le slogan de l’OMS, « les vaccins, ça marche » – n’en déplaise aux anti-vaccinalistes de tout crin et de tout poil qui, soit dit en passant, ont la plupart du temps été eux-mêmes vaccinés et… en ont bien profité.

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