Le premier astéroïde d'origine extrasolaire identifié dans notre système solaire a connu un passé trouble qui le fait basculer chaotiquement, a observé une équipe internationale d'astronomes.

Un texte d'Alain Labelle

L'équipe, dirigée par Wesley Fraser de l'Université Queen's de Belfast en Irlande du Nord, a analysé en détail la luminosité de l'objet céleste.

Ils ont établi que 1I/2017 U1 (1I/‘Oumuamua) ne tournait pas périodiquement comme la plupart des autres petits astéroïdes et corps qui passent par notre système solaire.

Selon eux, il tournerait chaotiquement depuis des milliards d'années.

Bien qu'il soit difficile d'en déterminer la raison exacte, Wesley Fraser explique qu’Oumuamua a probablement heurté un autre astéroïde avant d'être violemment éjecté de son système et projeté dans l'espace interstellaire.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Astronomy

Un astéroïde vraiment pas comme les autres

Cet objet rouge foncé de 400 mètres de long, de forme très allongée et qui ne ressemble en rien aux composants habituels de notre système solaire, a été détecté par une équipe internationale d'astrophysiciens octobre dernier.

Oumuamua a voyagé dans l’espace pendant des millions d’années avant de pénétrer à l’intérieur de notre système stellaire. C’est un objet de composition métallique ou rocheuse.

Les premières observations montraient que l’astéroïde de faibles dimensions se déplaçait à grande vitesse.

La vidéo qui suit illustre l'allure de l'astéroïde.

Les récents calculs révèlent que son origine diffère bel et bien de celle de l’ensemble des astéroïdes et autres comètes observés à ce jour puisqu’il provient de l’espace interstellaire.

Au départ, il avait été classé dans la catégorie des comètes, mais de plus récentes observations ne montrent aucun signe d’activité cométaire lors de son passage à proximité du Soleil.

L’objet 1I/2017 U1 a donc été placé dans la classe des astéroïdes interstellaires.

Dès sa découverte, les astronomes ont su qu’ils devaient vite réagir pour pouvoir l’observer.

La rapidité d’exécution des scientifiques était donc essentielle, puisque la luminosité d’Oumuamua diminuait considérablement à mesure qu’il s’éloignait du Soleil, de l’orbite terrestre notamment, vers l’extérieur du Système solaire.

Des découvertes

C’est en combinant les images acquises à l’aide du Très Grand Télescope de l’ESO avec celles d’autres grands télescopes que l’équipe d’astronomes dirigée par Karen Meech de l’Institut d’astronomie d‘Hawaï, aux États-Unis, a constaté que sa brillance varie au fil de sa rotation autour de son axe en l’espace de 7,3 heures.

Cette variation inhabituelle de luminosité s’explique par la forme très allongée de l’objet. Il est en effet dix fois plus long que large, d’apparence compliquée, ondulée.

Cette information tend à confirmer que l’astéroïde est un objet dense, potentiellement rocheux, voire majoritairement constitué de métal, dépourvu de quantités significatives d’eau ou de glace. La couleur sombre de sa surface résulte des effets de l’irradiation par les rayons cosmiques pendant des millions d’années.

Les premiers calculs orbitaux préliminaires laissent à penser que l’objet provenait d’une région du ciel voisine de l’étoile Vega, dans la constellation boréale de la Lyre.

Bien qu’Oumuamua file à la vitesse de 90 000 kilomètres par heure, son voyage jusqu’à notre système solaire aurait duré environ 300 000 ans.

Les chercheurs continuent de suivre l’objet et espèrent déterminer, dans les prochains mois, plus précisément sa provenance et sa trajectoire future dans la galaxie.

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