Une nouvelle étude montre des signes encourageants pour l'avenir de la morue du nord-ouest de l'Atlantique, au large de Terre-Neuve. Un des coauteurs de l'étude, de l'Université McGill, fait cependant une mise en garde sur les changements climatiques.

Un texte de Stéfan Thériault

L'étude, publiée dans le journal Royal Society Open Science, précise que les stocks sont à 17 % de ce qu'ils étaient à leur apogée, en 1981. C’est au milieu des années 90 que la morue du Nord atteint un plancher historique. On pense alors que jamais la morue ne se rétablira de la surpêche. Pourtant, la population de morue du Nord est en constante progression depuis 2009.

Andrew Gonzalez, coauteur de l'étude et professeur de biologie à l'Université McGill, précise que les volumes sont quand même très inférieurs à ce qu'ils étaient avant le moratoire de 1992.

Cette remontée des stocks coïncide avec un déclin du crabe et de la crevette, dont les quotas ont été grandement réduits, particulièrement pour la crevette, dans les eaux de Terre-Neuve cette année.

Mais la morue n'a pas retrouvé ses forces en se nourrissant de ces crustacés.

« Ce ne sont pas des proies. Donc la morue ne peut pas utiliser le crabe et la crevette pour le rétablissement de sa population », dit le chercheur.

Changements climatiques

L'étude mise sur une approche écosystémique, où les relations complexes et nombreuses entre espèces doivent être considérées dans leur ensemble, ce qui comprend aussi le climat marin.

Ce dernier aspect met d'ailleurs un bémol au rétablissement de l'espèce. Les changements climatiques risquent fort de freiner le retour des stocks puisque la morue est un poisson qui préfère l'eau froide.

« Avec les changements climatiques, on s'attend à ce que ce soient les eaux en surface qui vont changer, en priorité, affirme Andrew Gonzalez. La morue n'aime pas beaucoup ça, préfère des températures plus froides et donc c'est en train de limiter la superficie des endroits où la morue est en train de revenir. »

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