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Le secret de la longévité passerait-il par le microbiote et les intestins?

En ajoutant une association de probiotiques et d'un complément à base de plantes à l'alimentation des mouches drosophiles, des scientifiques de l'Université McGill ont réussi à prolonger de 60 % leur durée de vie et à les mettre à l'abri de maladies chroniques habituellement liées au vieillissement.

Les travaux du Pr Satya Prakash et de son ancienne étudiante Susan Westfall associés à la Faculté de médecine de l’Université McGill s’ajoutent à d’autres études de plus en plus nombreuses qui tendent à montrer toute l’importance de la flore intestinale sur la santé.

Les mouches à fruits ayant reçu ce cocktail ont vécu jusqu’à 66 jours, soit 26 jours de plus que leurs congénères qui ne l'ont pas reçu.

En outre, certaines affections liées au vieillissement — notamment l’insulinorésistance, l’inflammation et le stress oxydatif — étaient moins marquées dans ce groupe.

« Une seule préparation probiotique peut agir simultanément sur plusieurs voies de signalisation biochimiques et procurer une panoplie de bienfaits physiologiques, d’où l’effet spectaculaire de notre préparation sur des marqueurs nombreux et divers », explique M. Prakash, qui est professeur de génie biomédical.

Cette découverte est importante pour la santé humaine, puisque la biologie de la drosophile est remarquablement proche de celles des mammifères, le degré de similitude des voies biochimiques atteignant même les 70 %.

Des effets diminués

Les chercheurs estiment que les effets bénéfiques ne seraient probablement pas aussi spectaculaires.

Ces résultats obtenus seraient liés à l’« axe intestin-cerveau », une voie de communication bidirectionnelle entre les microorganismes du tractus gastro-intestinal — communément appelé microbiote — et le cerveau.

Le Triphala

Les chercheurs ont administré aux drosophiles un complément à base de plantes appelé Triphala, qui est une association de trois fruits utilisés comme plantes médicinales en médecine traditionnelle indienne : l’amalaki, le bibhitaki et le haritaki.

Susan Westfall, aujourd’hui boursière postdoctorale à l’École de médecine Icahn du réseau Mount Sinaï à New York, pense que la préparation pourrait se révéler utile contre plusieurs problèmes chez l’être humain, notamment le diabète, l’obésité, la neurodégénérescence, l’inflammation chronique, la dépression, le syndrome de l’intestin irritable et même le cancer.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Scientific Reports.

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