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Le sirop d'érable serait bénéfique pour la santé

Le 2 avril dernier, à San Francisco, a eu lieu la 253e rencontre annuelle de l'American Chemical Society. C'était l'occasion parfaite pour accueillir le premier symposium mondial entièrement consacré aux plus récentes découvertes scientifiques sur l'érable.

Sur le thème « La chimie et les effets biologiques des produits de l’érable », des chercheurs québécois et américains ont dévoilé le résultat de leurs études, dont plusieurs semblent prometteuses.

Présence d’inuline

Le Dr Navindra Seeram attire l’attention de la communauté scientifique mondiale par les recherches qu’il mène depuis 2009 dans son laboratoire au Rhodes Island en collaboration avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

L’une des recherches, dévoilée au symposium, révèle la présence d’inuline dans le sirop d’érable. Ce glucide complexe agit comme prébiotique et encourage la croissance des bonnes bactéries dans l’intestin.

Cette découverte ajoute l’inuline à la longue liste des composés bénéfiques que l’on retrouve dans le sirop d’érable (polyphénols, vitamines, acides aminés, minéraux) et permettrait de le classer dans la catégorie des aliments fonctionnels.

Québécol

En 2011, Dr Seeram et son équipe ont fait une autre découverte : le québécol, un polyphénol unique à l’érable, nommé ainsi en l’honneur du Québec, le plus grand producteur de sirop d’érable au monde.

Le chimiste et professeur de chimie à l’Université Laval, à Québec, Normand Voyer s’est intéressé avec son équipe à ce polyphénol. Puisqu’ils disposent de la plus grande réserve mondiale de québécol, ils ont toute la latitude pour mener différentes études biologiques avec des collègues d’autres pays, dont la Suisse et les États-Unis.

C’est ainsi qu’ils en ont fait la synthèse totale en laboratoire et, tout récemment, ils ont aussi synthétisé un nouvel analogue du québécol : l’isoquébécol. Tous les deux démontrent une capacité à diminuer la production de médiateurs de l’inflammation.

L’intérêt du québécol n’est pas tant son importance dans le sirop d’érable, car il s’y retrouve en quantité infinitésimale. Il fait plutôt partie de nouvelles molécules à l’étude et à partir desquelles on peut tirer des dérivés. Qui sait : peut-être qu’un jour il y aura dans le sirop d’érable des substances qui seront à la source de médicaments qu’on pourra utiliser en clinique.

Rappelons que l’acide salicylique, l’ingrédient de base de l’aspirine, est tiré de l’écorce d’un arbre.

Boisson à base d’eau d’érable

Toujours à ce même symposium, il a été question d’une récente étude réalisée par le Dr Ismail Fliss sur les bienfaits d’une boisson symbiotique à base d’eau d’érable. On la nomme symbiotique, parce que Dr Fliss y a inoculé un prébiotique et un probiotique. Les résultats démontrent que l’eau d’érable est un bon vecteur pour le transport de ces prébiotique et probiotique dans l’intestin.

De plus, l’étude menée chez les animaux démontrait que cette boisson pouvait favoriser le rétablissement de la flore intestinale après un déséquilibre causé par la prise d’un antibiotique.

Mais de là à dire que le sirop va guérir, il y a un saut de géant.

Polyphénols?

On entend souvent le mot polyphénol lorsqu’il est question de bonne alimentation. Mais que sont ces polyphénols au juste?

Ce sont des substances naturelles qu’on retrouve entre autres dans plusieurs petits fruits, dans le vin, dans le thé vert, etc. Elles ont plusieurs propriétés intéressantes pour la santé, dont des propriétés antioxydantes et des propriétés qui empêchent la prolifération des cellules cancéreuses.

Selon les explications de Normand Voyer, quand on isole et qu’on utilise certains polyphénols dans des études rigoureuses pures, on réussit à démontrer qu’ils ont des effets biologiques, tout comme des concentrés des polyphénols qu’on retrouve dans le sirop d’érable quand on en retire le sucre.

Le sirop comme agent sucrant

Évidemment, le sirop d'érable contient du sucrose, mais aussi bon nombre de substances naturelles ayant des propriétés bioactives. Le fait qu'il soit un produit plus naturel, il est peut-être plus digestible; hypothèse qui restera à confirmer avec d’autres études.

Cependant, il n’y a pas que le sirop d’érable qui soit un aliment fournissant un grand apport de polyphénols; il y a aussi les bleuets et les petits fruits. En fait, tout ce qui est coloré et qui contient beaucoup d’anthocyanes serait bon pour la santé.

Merci à Julie Barbeau, chimiste et conseillère à l’innovation à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec et à Normand Voyer, chimiste et professeur de chimie à l’Université Laval.

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