Une éclipse solaire a été visible aujourd'hui dans le ciel nord-américain. Si 12,2 millions d'Américains se trouvaient dans la bande d'ombre traversant les 12 États d'où ils pouvaient observer une éclipse totale, les Canadiens ont dû se contenter d'une éclipse partielle.

Un texte d'Alain Labelle1. Qu'est-ce qu'une éclipse totale du Soleil?

Une éclipse est en quelque sorte un jeu d’ombres.

Ainsi, la Lune étant éclairée par le Soleil, elle projette dans l’espace une ombre en forme de cône long et pointu (ombre totale). Les personnes qui se trouvent à l’intérieur de ce cône d’ombre voient un Soleil presque entièrement caché par la Lune. Elles se trouvent dans la zone de totalité.

Les personnes qui se trouvent autour du cône d’ombre (ombre partielle), dans la pénombre, assistent à une éclipse partielle, puisque le Soleil n’est pas complètement caché. Plus elles s’en éloignent, moins le Soleil est couvert par la Lune.

2. Quelles sont les conditions nécessaires à la création d’une éclipse?

Outre l’alignement Soleil-Lune-Terre, une éclipse solaire ne peut se produire qu’à la nouvelle lune, soit lorsque la Lune se trouve entre le Soleil et la Terre. Ce n’est qu’à ce moment que l’ombre ou la pénombre de la Lune peuvent atteindre la surface de notre planète.

3. Si la Lune est si petite par rapport au Soleil, comment peut-elle le cacher lors d’une éclipse totale?

« C’est une heureuse coïncidence », explique Marc Jobin. Le Soleil est 400 fois plus gros que la Lune. Mais il est aussi en moyenne 400 fois plus éloigné de la Terre que la Lune.

4. Que pouvait-on voir de chez soi?

Cela dépend d’où on observait l’éclipse. Une éclipse totale n’est visible que dans l’étroite bande balayée par l’ombre de la Lune. Dans le cas présent, la bande a traversé les États-Unis. Au Canada, l’éclipse était partielle à divers degrés. La ville la plus proche de la zone de totalité était Victoria, en Colombie-Britannique. L’assombrissement y a atteint 86 %. Dans ce cas, la lumière ambiante prend une drôle de texture, les ombres deviennent différentes.

Pour toutes les autres régions du pays, il n’était pas possible d’observer des changements dans la luminosité.

À Montréal, l’assombrissement a été de 58 %.

Sous les 80 % d’assombrissement, souligne Marc Jobin, l’œil fait un excellent travail d’adaptation aux variations d’éclairage, si bien que les changements ne sont pas perceptibles.

Au Québec, pour les régions les plus rapprochées de la bande de totalité (Outaouais,Témiscamingue), un peu plus de 60 % de la surface du Soleil était cachée au maximum de l’éclipse. Dans l’Extrême Nord québécois, le pourcentage a baissé jusqu’à 25 %.

5. À quelle heure l’éclipse était-elle visible?

La situation géographique a dicté le moment où on pouvait admirer l'éclipse. En Colombie-Britannique, elle s'est déroulée en matinée. Par exemple, à Vancouver, elle a commencé à 9 h 10, heure locale.

Au Québec, le phénomène a eu lieu en après-midi. À Montréal, il a commencé à 13 h 21 pour atteindre son maximum à 14 h 38. Il s'est terminé à 15 h 50 min 24 s.

6. Combien de temps a-t-elle duré?

Encore une fois, cela dépendait du lieu où l'on se situait. Du début à la fin, elle a duré plus de deux heures.

Cela dit, le moment où les observateurs ont eu l’impression que la Lune recouvre le Soleil était de 2 min sur la côte ouest américaine, mais un peu plus de 2 min 30 sur la côte est. La durée maximale de l’éclipse (2 min 40) a eu lieu près de la ville de Carbondale, en Illinois.

7. Est-ce que le ciel devait être dégagé?

Oui et non. Quelques nuages n'entravent pas le phénomène; mais si le ciel était complètement couvert, les observateurs canadiens ne pouvaient même pas savoir qu’une éclipse se déroulait au-dessus d'eux en se fiant à la luminosité ambiante, sauf peut-être ceux qui se trouvaient dans le sud de la Colombie-Britannique.

Cependant, comme la durée totale de l’événement est assez longue et en l’absence de véritable « moment critique » à ne pas manquer, comme lors d'une éclipse totale, même un ciel partiellement nuageux permet de suivre son évolution.

8. Est-ce dangereux de la regarder à l'œil nu?

Oui, très dangereux, que l'éclipse soit totale ou partielle. Il ne faut jamais regarder le Soleil, et ce, même en temps normal. Aucune paire de lunettes fumées vendues en magasin ne permet de regarder directement le Soleil.

À l’œil nu ou avec un instrument d’optique comme un télescope, il est essentiel d’utiliser des filtres appropriés et conçus spécialement pour observer le Soleil. Il est possible de s’en procurer dans les boutiques d’astronomie; ils portent l’homologation ISO 12312-2:2015.

Il faut être vraiment prudent, car une brûlure des cellules rétiniennes de l’œil ne provoque aucune douleur, et les cellules détruites ne se régénèrent jamais.

9. Quels sont les autres moyens pour l’observer?

Si on n'a pas de lunettes ISO, on peut projeter l'image du Soleil sur un écran. Cette méthode est la plus sécuritaire et la moins coûteuse. Le site Internet du Planétarium Rio Tinto Alcan explique les différentes méthodes qu'on peut utiliser.

10. À quand une éclipse totale du Soleil au Québec?

La prochaine se produira le 8 avril 2024. Montréal sera coupée en deux par le phénomène.

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