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Le squelette d'une baleine noire à l'Î.-P.-É. prend le chemin du Musée royal de l'Ontario

Les ossements et des échantillons d'ADN d'une baleine noire de l'Atlantique Nord dont l'autopsie a été pratiquée à l'Île-du-Prince-Édouard au début de l'été ont pris le chemin du Musée royal de l'Ontario, à Toronto.

Le plus grand musée au pays veut exposer les ossements du grand mammifère marin dans le cadre d'une exposition sur la baleine bleue, une autre espèce menacée. L'institution veut aussi faire l'analyse des échantillons d'ADN dans son laboratoire.

« Nous voulons en apprendre autant que possible et [la baleine noire] étant une espèce menacée, il est important que nous l'étudions », affirme Oliver Haddrath, spécialiste de l'ADN au Musée royal de l'Ontario. « Si nous comprenons mieux les baleines, nous serons davantage en mesure d'éviter des incidents comme des collisions avec des navires. »

Une douzaine de baleines noires de l'Atlantique Nord sont mortes dans le Golfe du Saint-Laurent durant l'été. Trois d'entre elles ont été remorquées jusqu'à la plage de Norway, à l'Île-du-Prince-Édouard, pour être autopsiées.

Certaines baleines autopsiées présentaient des signes de traumatisme, qui pourraient être le résultat de collisions avec des navires.

« C'est salissant, c'est gras »

La direction du Musée royal de l'Ontario est entrée en contact avec Pêches et Océans Canada dès qu'elle a su que des baleines allaient être remorquées à l'Île-du-Prince-Édouard. Une équipe du musée et de la firme de reconstruction de squelettes Research Castings International s'est immédiatement rendue sur les lieux où les autopsies étaient déjà en cours.

L'équipe a utilisé de grands couteaux. Certains étaient faits sur mesure pour les baleines, avec des lames d'un mètre de long.

« Une fois que vous êtes là-bas, l'odeur est si écrasante. C'est partout », confie Jacqueline Miller, mammalogiste pour le Musée royal de l'Ontario. « C'est salissant, c'est gras. Il faut beaucoup de temps pour se nettoyer. On peut sentir [l'odeur] dans sa chambre d'hôtel le lendemain matin. »

Oliver Haddrath dit qu'il a tenté de recueillir autant d'échantillons de tissus que possible, y compris les organes internes qui n'avaient pas encore commencé à se décomposer. Il n'est toutefois pas parvenu à prélever des échantillons du cerveau qui était devenu, dit-il, « plus ou moins une soupe » en raison de l'état avancé de décomposition.

Le Musée royal de l'Ontario a inauguré au printemps une nouvelle exposition sur la baleine bleue, également une espèce en voie de disparition. Le squelette au centre de l'exposition est celui d'une des neuf baleines qui sont mortes piégées dans la glace près de Terre-Neuve-et-Labrador à l'hiver 2014.

Lorsqu'il sera complètement nettoyé et reconstruit, le squelette de la baleine noire autopsiée à l'Île-du-Prince-Édouard fera lui aussi partie de la collection du musée torontois.

« Le squelette est magnifiquement intact. Il va faire un spécimen anatomique vraiment génial lorsqu'il sera finalement nettoyé et traité », explique Jacqueline Miller. « C'était un mâle très grand. Nous savons qu'il avait au moins 30 ans [et] qu'il a engendré au moins un baleineau. »

Long processus

La restauration du squelette pourrait prendre plus d'un an.

Les os sont présentement enfouis dans du compost dans les installations de Research Castings International à Trenton, en Ontario. Ils seront plus tard dégraissés dans des réservoirs d'eau savonneuse.

Les échantillons d'ADN se trouvent dans les congélateurs du musée.

« C'est un atout pour le musée et pour les générations futures », affirme Oliver Haddrath. « Mais c'est un événement très tragique », dit-il au sujet de la mort d'une douzaine de baleines noires dans un seul été. « Le bon côté des choses, c'est que nous avons pu obtenir les tissus [de la baleine] pour en étudier l'ADN, alors j'espère que ça pourra nous éclairer. »

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