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Le statut social se répercute sur le système immunitaire

Le seul fait d'avoir un statut social précaire peut altérer le fonctionnement du système immunitaire chez le macaque, montre une étude canado-américaine.

L’espérance de vie varie de plusieurs années entre les personnes riches et les personnes pauvres, en raison notamment des habitudes de vie comme le tabagisme, le manque d’exercice et la diète.

Si le statut social est l’un des facteurs les plus importants pour prédire le risque de maladie et de mortalité chez l’humain et les autres mammifères sociaux, les chercheurs étaient bien loin de se douter qu’il peut à lui seul modifier le fonctionnement du système immunitaire.

Or, c’est précisément ce qu’ont montré les travaux du Pr Luis Barreiro, de l’Université de Montréal, et ses collègues des universités américaines Duke et Emory.

Leur étude montre que le stress chronique qui accompagne le fait de se trouver au bas de l’échelle sociale est suffisant pour influer sur le système immunitaire, même sans les autres facteurs.

Bref, deux individus ayant accès aux mêmes ressources alimentaires, aux mêmes soins de santé et affichant les mêmes comportements ont des réponses immunitaires différentes aux infections selon qu’ils ont un statut social élevé ou précaire.

Pr Luis Barreiro

Un statut réversible… l’immunité aussi!

Les chercheurs ont également observé que ces différences de réponses immunitaires étaient réversibles. En effet, quand un macaque au faible statut social accède à un haut statut social, son système immunitaire adopte alors la réponse immunitaire associée à de hauts statuts sociaux.

Les résultats montrent que les cellules des macaques ayant un faible statut social réagissaient aux infections avec une réponse pro-inflammatoire plus forte que celle des individus de haut statut social.

Une réponse pro-inflammatoire se produit lorsque le système immunitaire provoque de l’inflammation (rougeur, chaleur, gonflement, etc.) afin de neutraliser et d’éliminer les infections. Une forte inflammation des tissus ou organes infectés peut sauver la vie de l’individu malade, mais une inflammation disproportionnée peut aussi endommager les organes et laisser des séquelles.

Selon les chercheurs, cela pourrait expliquer en partie pourquoi les gens ayant un statut social précaire ont un plus grand risque de souffrir de problèmes cardiovasculaires et de maladies inflammatoires.

Nous avons utilisé les macaques, car il est impossible de mener cette expérimentation sur des humains pour des raisons éthiques évidentes.

Pr Luis Barreiro

Pour leur part, les macaques jouissant d’un haut statut social ont manifesté une réponse immunitaire antivirale plus forte que ceux ayant un faible statut social.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science.