Retour

Le Télescope de trente mètres pourrait déménager d'Hawaï aux Canaries

L'un des plus grands télescopes du monde ne sera peut-être pas construit à Hawaï, mais aux îles Canaries, au large du Maroc. L'équipe responsable du projet du Télescope de trente mètres (TMT) a trouvé un plan de rechange après l'annulation, l'an dernier, par les tribunaux du permis de construction du télescope sur les flancs d'une montagne d'Hawaï.

Les opposants au projet jugent que le télescope serait un affront à la culture des peuples autochtones, car il serait construit sur le volcan Mauna Kea, une montagne que plusieurs considèrent comme sacrée. Des opposants veulent aussi protéger l'environnement.

En décembre 2015, la Cour suprême d'Hawaï statuait que l'État n'avait pas mené d'audiences publiques où les opposants auraient pu faire valoir leurs arguments avant de délivrer le permis de construction. Elle demandait alors aux promoteurs de soumettre une nouvelle demande de permis.

Les responsables du TMT disent toujours vouloir construire l'observatoire sur le site du Mauna Kea, mais ont dû trouver un autre emplacement au cas où les nouvelles démarches à Hawaï seraient infructueuses. Ils ont arrêté leur choix sur l'île de La Palma, aux Canaries.

« Après un examen minutieux, le conseil d'administration a choisi l'Observatorio del Roque de los Muchachos (ORM) à La Palma, aux Canaries en Espagne, comme première solution de rechange à Hawaï », affirme le président du conseil d'administration du TMT, Henry Yang, dans un communiqué diffusé cette semaine.

« Mauna Kea demeure notre premier choix pour la construction du TMT et le conseil d'administration poursuit ses efforts pour obtenir l'approbation à Hawaï », poursuit-il.
Le projet de 1,4 milliard de dollars américains a été lancé il y a une quinzaine d'années et doit voir son aboutissement au milieu de la décennie 2020. Le télescope doit permettre aux astronomes d'en apprendre davantage sur les débuts de l'Univers et d'explorer l'atmosphère des exoplanètes.

Le TMT fait partie de ces très grands télescopes, comme le Télescope Géant Européen (E-ELT) de 39 mètres qui sera construit au Chili et le télescope spatial James Webb, qui serviront aux astronomes pendant les prochaines décennies.

Le site d'Hawaï, situé à environ 4200 mètres d'altitude en plein milieu du Pacifique, est idéal : il est exempt de pollution lumineuse, les nuages sont rares et il y a peu de vapeur d'eau.

Le site des Canaries - où se trouvent déjà d'autres télescopes - offre de moins bonnes conditions d'observation, mais il est plus accessible.

Ottawa avait annoncé en 2015 son intention de verser 243,5 millions de dollars sur dix ans pour soutenir la partie canadienne du projet international.

L'immense coupole en acier du télescope doit être construite par une firme de Coquitlam en Colombie-Britannique. Le Canada doit aussi fournir l'instrument d'optique adaptative qui corrige les distorsions d'image dues à l'atmosphère terrestre.

Des chercheurs d'une vingtaine d'universités canadiennes sont liés au projet qui a été fondé par l'Institut de technologie de Californie et l'Université de Californie. Il est le fruit d'une décennie de consultations scientifiques.