Vos vacances sont peut-être synonymes de pur bonheur, mais elles ne sont pas aussi réjouissantes pour la planète, montre une étude menée par des scientifiques australiens.

Un texte d'Alain LabelleLes travaux d’Arunima Malik et de ses collègues de l’Université de Sydney, qui ont compilé des données recueillies dans 160 pays, montrent que l’empreinte carbone du tourisme est passée de 3,9 à 4,5 milliards de tonnes métriques de CO2 entre 2009 et 2013.

C’est quatre fois plus que prévu et cela représente environ 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’une année.

Les voyages aériens ne comptent que pour 12 % de ce total.

D’ailleurs, les précédentes études ne comptaient que les émissions de dioxyde de carbone (CO2), si bien que les estimations précédentes de l’impact du tourisme sur le carbone laissaient à penser qu’il représentait 2,5 % à 3 % des émissions.

Or, cette étude inclut également les émissions d’autres gaz à effet de serre dues à la construction et à l’entretien d’infrastructures telles que les hôtels et les aéroports, ainsi que les émissions associées aux achats de nourriture, de boissons et de souvenirs par les touristes.

Un phénomène en hausse

Si les tendances récentes se poursuivent, l’empreinte carbone du tourisme mondial augmentera de plus de 40 % (à environ 6,5 milliards de tonnes métriques de CO2) d’ici 2025.

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) des Nations unies met de l’avant des solutions pour réduire l’empreinte du tourisme sur la planète :

  • Les touristes pourraient choisir des destinations moins éloignées;
  • Les voyageurs pourraient utiliser davantage les transports publics sur place;
  • Les gouvernements pourraient offrir des incitatifs aux fournisseurs de services touristiques pour accroître leur efficacité énergétique.

Cette importante augmentation est due aux visiteurs des pays riches qui voyagent vers d’autres destinations riches.

Les voyageurs en provenance du Canada, de Suisse, des Pays-Bas et du Danemark ont une empreinte carbone beaucoup plus élevée ailleurs que dans leur propre pays. Les États-Unis arrivent en tête du classement pour ce qui est des voyages internes, suivis de la Chine, de l’Allemagne et de l’Inde.

À l’échelle planétaire, le tourisme est une industrie qui connaît un essor important. Son taux de croissance est d’environ 4 % par an, et représente des retombées de plus de 7000 milliards de dollars chaque année. Cette industrie emploie une personne sur dix dans le monde entier.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Climate Change.