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Le trou noir le plus lointain observé à ce jour

Une équipe américaine d'astrophysiciens a détecté le plus lointain trou noir supermassif à ce jour. Le phénomène céleste est situé au centre d'un quasar ultralumineux, dont la lumière n'a été émise que 690 millions d'années après le big bang créateur de notre Univers.

Un texte d'Alain LabelleIl a ainsi fallu environ 13 milliards d'années pour que cette lumière parvienne à la Terre, ce qui équivaut pratiquement à l'âge de l'Univers.

Selon les données recueillies jusqu’à maintenant, ce monstre astronomique serait 800 millions de fois plus massif que notre Soleil.

Comme si ce mystère n’était pas suffisant, l’environnement dans lequel ce trou noir s’est formé est également bien particulier.

Les auteurs de ces travaux publiés dans le magazine Nature déduisent que le trou noir s’est développé au moment où l'Univers subissait un changement fondamental, passant d'un environnement opaque dominé par l'hydrogène neutre à un environnement dans lequel les premières étoiles commençaient à scintiller.

Au fur et à mesure que d'autres étoiles sont apparues et que des galaxies se sont formées, elles ont fini par générer suffisamment de rayonnement pour faire basculer l'hydrogène du neutre, un état dans lequel les électrons de l'hydrogène sont liés à leur noyau, vers l'ionisation, dans lequel les électrons se libèrent pour se recombiner au hasard. Ce passage de l'hydrogène neutre à l'hydrogène ionisé a représenté un changement fondamental dans l'Univers qui perdure encore aujourd’hui.

L’astrophysicien Eduardo Bañados de l’Université Princeton, qui a découvert ce trou noir, pense donc qu’il s’est développé dans un environnement mi-neutre mi-ionisé.

Le trou noir a été détecté lorsque le chercheur passait des cartes de l'Univers lointain au peigne fin. Il cherchait des quasars, ces objets parmi les plus brillants de l'Univers, qui sont composés d’un trou noir gigantesque entouré de disques de matière tourbillonnante.

« Quelque chose amenait le gaz à bouger à très grande vitesse à l'intérieur du quasar, et le seul phénomène que nous connaissons qui puisse causer de telles vitesses est un trou noir gigantesque », conclut Robert Simcoe.

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