La poubelle que l'humanité a créée autour de la Terre ne sera pas vidée dans un proche avenir, puisque la mission du nettoyeur expérimental mis au point au Japon, qui devait tester une façon d'éliminer les débris spatiaux, est un échec.

Un texte d'Alain LabelleExpédié en décembre dernier dans un vaisseau de ravitaillement de la Station spatiale internationale (SSI), ce nettoyeur était en fait constitué d'un câble électrodynamique de 700 mètres. Il devait effectuer un premier test en se déployant lors du retour sur Terre du ravitailleur.

Cette tige constituée de fils d'acier et d'aluminium devait, grâce à des effets électromagnétiques, déplacer les détritus pour qu’ils descendent dans des orbites de plus en plus proches de la Terre et qu'ils finissent par se consumer dans l'atmosphère.

Nous pensons que la longe ne s'est pas déployée. Il est bien sûr décevant de constater que nous avons terminé la mission sans atteindre un de ses principaux objectifs.

Koichi Inoue, responsable du projet

Cette première expérimentation devait servir de base pour la construction d'un câble bien plus grand (5000 à 10 000 mètres) jugé nécessaire pour faire le ménage spatial de façon efficace.

Une vraie poubelle

Un comité d’experts américains estimait en 2011 que la situation en orbite allait rapidement nécessiter une intervention.

Le président du comité, Donald Kessler, prévenait que ce nettoyage nécessiterait de nouvelles technologies, comme des filets cosmiques, des aimants ou des parapluies gigantesques.

Il y a actuellement en orbite 22 000 objets suffisamment gros pour être suivis depuis la Terre, et une quantité incalculable d'objets plus petits, mais potentiellement dangereux. Certains experts parlent de quelque 150 000 morceaux d'une taille supérieure à un centimètre.

La SSI doit même, de temps à autre, s'écarter de la trajectoire de l'un d'eux.

Certains débris peuvent même tourner à une vitesse de 7000 km/h. À cette vitesse, un vieux satellite ou une simple vis deviennent de dangereux missiles.

Les débris s'accumulent en orbite depuis le début de l'ère spatiale, il y a 54 ans. Des accords mis en place pour limiter l'ampleur du problème fonctionnaient plutôt bien, mais deux événements survenus au cours des dernières années ont doublé la quantité de débris en orbite autour de la Terre.

En 2007 , la Chine a procédé à un test antisatellite en pulvérisant un satellite météorologique désuet avec un missile. En 2009, une collision en orbite entre deux satellites est survenue et a aussi compliqué la situation.

Les entreprises Lockheed Martin et Electro Optic Systems tentent de mettre au point une combinaison de lasers et de systèmes optiques très sensibles pour détecter et suivre jusqu'à 200 000 objets qui flottent dans l'espace.

L'École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse, travaille actuellement au projet CleanSpace One, qui vise à mettre au point un premier représentant d’une famille de satellites destinés au nettoyage des débris.

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