Un tiers de l'humanité vit dans des pays où le virus Zika pourrait encore se propager, révèle une étude publiée vendredi dans la revue médicale britannique The Lancet Infectious Diseases.

L'étude, qui est la première de ce type sur les risques de propagation du virus, place l'Inde et la Chine en tête des pays à risque. Mais le virus guette également d'autres pays des continents asiatique et africain.

« Environ 2,6 milliards de personnes vivent dans des régions d'Afrique et d'Asie-Pacifique où les espèces locales de moustiques et des conditions climatiques appropriées rendent la transmission du virus Zika possible en théorie », explique le principal auteur de l'étude, le Dr Kamran Khan.

Ce chiffre se base sur le scénario « le plus prudent » retenu par les scientifiques, en sachant que la zone d'extension du virus Zika est la même que celle de la dengue.

Actuellement, c'est au Brésil que l'on retrouve le plus grand nombre de personnes atteintes du Zika. Près de 1600 bébés sont nés avec des malformations et des complications neurologiques inhérentes au virus.

L'Angola, qui est déjà aux prises avec une épidémie de fièvre jaune, serait l'un des pays africains les plus à risque en raison de ses liens économiques importants avec le Brésil.

D'autres pays comme le Vietnam ou la Thaïlande pourraient voir éclore de nouveaux foyers de maladies, au même titre que des pays africains comme la Tanzanie ou le Soudan.

Singapour a rapporté plusieurs dizaines de cas de transmissions locales du virus ces derniers jours. Les autorités ont d'ailleurs mis en garde les femmes enceintes et leur ont demandé de faire le test si elles ressentaient des symptômes associés au virus.

Les chercheurs se sont basés sur une modélisation tenant compte du nombre de voyageurs en provenance des pays d'Amérique touchés, des conditions climatiques, de la densité de la population et de l'efficacité des systèmes de soins pour parvenir à ces chiffres.

Le docteur Kahn reconnaît toutefois que de nombreuses « incertitudes » subsistent, notamment sur la transmission du virus, qui se fait essentiellement par des moustiques de type Aedes, mais qui peut également être transmise lors de relations sexuelles.

Un virus repéré en Afrique

Le virus Zika a été repéré pour la première fois en Ouganda sur un singe en 1947 et s'est propagé chez l'humain dans plusieurs pays africains et asiatiques dans les années 1970.

Ce sont des souches appartenant à la lignée asiatique du virus qui sont apparues au Brésil en 2015, avant de s'étendre dans près de 40 pays américains.

« Bien que des cas sporadiques de Zika aient été rapportés sur les deux continents, l'étendue des infections précédentes reste inconnue », notent les chercheurs.

Selon eux, les pays africains sont plus à risque que les pays asiatiques d'être affectés « parce que la souche en cause dans l'épidémie actuelle est asiatique et non africaine ».

L'étude conclut toutefois qu'il est difficile d'évaluer le nombre de personnes qui ont été en contact avec le virus de souche africaine ou asiatique par le passé.

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