Non seulement le virus Zika persiste dans le sperme jusqu'à six mois après l'infection, mais il est également présent à l'intérieur même des spermatozoïdes, montre une étude réalisée par le Centre national de la recherche scientifique, en France.

Un texte d'Alain Labelle

Le chercheur Guillaume Martin-Blondel et ses collègues citent le cas d'un homme de 32 ans dans la revue The Lancet Infectious DiseasesDe retour de Guyane, l'homme avait des symptômes évocateurs d'une infection par le virus Zika, soit de la fièvre modérée, une éruption cutanée et des douleurs musculaires et articulaires.

Le virus Zika a été détecté dans le plasma et l'urine du patient, deux jours après le début de ces signes. Des échantillons de sperme, de sang et d'urine ont été prélevés et analysés sur une durée totale de 141 jours. Les analyses montrent que le virus était présent dans tous les échantillons jusqu'au 37e jour. Au-delà, il était détecté uniquement dans le sperme, où il a persisté jusqu'à plus de 130 jours, alors que l'homme se portait bien.

Ces données ont été confirmées pour deux autres patients chez qui le virus est demeuré de 69 à 115 jours dans le sperme. La différence dans la durée n'est toujours pas expliquée.

Le sperme du premier patient ainsi que les spermatozoïdes qu'il contenait ont été examinés par différentes techniques de microscopie.

D'autres virus sexuellement transmissibles, comme le VIH, peuvent rester collés à la surface du spermatozoïde. Les chercheurs doivent maintenant déterminer le caractère actif du virus Zika présent dans les spermatozoïdes et la capacité de ces spermatozoïdes à transmettre l'infection.

Ces nouvelles connaissances soulèvent de nombreuses interrogations sur la nécessité d'inclure la recherche de virus Zika dans le contrôle des dons de spermatozoïdes dans les centres de fertilité.