La coquille Saint-Jacques (Pecten maximus) possède un système visuel sophistiqué pouvant comprendre jusqu'à 200 yeux d'un millimètre de diamètre fonctionnant comme des télescopes, ont établi des scientifiques israéliens et suédois.

Ce mollusque vivant dans les grandes profondeurs possède un système de miroirs capable de créer des images par réflexion de la lumière et programmé pour capter les ondes lumineuses qui pénètrent dans son habitat, ont découvert Benjamin Palmer et ses collègues de l'Institut Weizmann et de l’Université de Lund.

La grande complexité de l'organe visuel de la coquille Saint-Jacques en fait l'un des plus sophistiqués dans la nature, notent les auteurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Science.

Des systèmes optiques complexes similaires ont été observés chez d'autres animaux, comme les homards. Ils ont d’ailleurs permis de mettre au point des télescopes plus puissants. Cette étude pourrait elle aussi mener à la création de nouveaux instruments optiques.

La grande majorité des yeux d’animaux possèdent un cristallin. Cette lentille permet à la lumière de converger vers la rétine, formée de tissu sensible aux rayons lumineux, qui se trouve au fond de l'oeil.

Mais certains organismes marins, comme la coquille Saint-Jacques et certains poissons vivant dans les grandes profondeurs, ont un système de miroirs qui crée des images par réflexion de la lumière. Les yeux des coquilles Saint-Jacques sont ainsi dotés d'un miroir concave pour réfléchir la lumière.

Chaque miroir est formé d'une mosaïque de cubes cristallins microscopiques dont la morphologie complexe en trois dimensions permet aussi de réduire les aberrations optiques et de produire des images claires.

Les miroirs forment des images sur une rétine à deux couches de tissu de manière à produire séparément des images dans les champs visuels central et périphérique. Cela donne à la coquille Saint-Jacques un champ visuel d'environ 250 degrés, comparativement à 180 degrés pour les yeux humains.

Les chercheurs estiment que cette ressemblance pourrait notamment inspirer la création d'instruments compacts dotés d'un champ optique large.

Ils soulignent surtout le degré très élevé d'organisation structurelle à une échelle nanométrique des miroirs au fond des yeux de ce mollusque pour à la fois réfléchir la lumière et la faire converger.

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