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Les catastrophes naturelles ont un impact sur les femmes enceintes, rappelle une chercheuse québécoise

Une chercheuse de l'Université McGill était de passage à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard cette semaine pour sensibiliser les gens aux impacts négatifs que peuvent avoir de telles catastrophes naturelles sur les femmes enceintes.

Les événements météorologiques extrêmes sont plus fréquents et plus intenses qu'auparavant selon plusieurs experts. Les provinces atlantiques, de par leur proximité avec l'océan, sont de plus en plus sujettes aux tempêtes violentes. Les ouragans qui ont frappé les États-Unis et le Canada dans les dernières semaines en sont la preuve.

Suzanne King, chercheuse et professeure au département de psychiatrie à l'Université McGill, s'intéresse aux impacts que peuvent avoir les catastrophes naturelles sur les femmes enceintes depuis la crise du verglas qui a secoué le Québec en 1998.

D'ailleurs, les premiers résultats ont dévoilé que plus de femmes enceintes durant les incendies de Fort McMurray avaient des symptômes de stress post-traumatique, comparativement aux femmes étudiées pendant la crise du verglas de 1998.

La chercheuse a constaté que 26 % de ces femmes démontraient des taux élevés de stress, en comparaison à 11 % pour la crise du verglas.

Elle est d'ailleurs toujours à la recherche d'autres participantes qui aurait été enceintes lors des incendies de Fort Murray ou qui serait tombé enceintes dans l'année suivant les évènements pour affiner ses recherches.

Des séquelles qui perdurent pendant des générations

« On a constaté que le stress vécu par leur mère a des effets sur tous les aspects du développement », indique Suzanne King.

Le développement cognitif, le développement du langage et le développement du comportement comme l'anxiété, la dépression et même les traits autistes sont tous des éléments sur lesquels un stress in utero peut avoir un effet négatif.

Aussi, plusieurs études menées sur des animaux ont démontré que ces effets traumatiques peuvent avoir un impact sur les quatre générations suivantes.

Suzanne King explique que bien que les effets négatifs des catastrophes naturelles sur les femmes enceintes soient bien documentés, la manière de prévenir ou de contrer ces effets reste encore nébuleuse.

Elle aimerait toutefois que le Canada mette sur pied un plan pour informer les premiers répondants sur comment agir avec des femmes enceintes et sur comment les identifier rapidement sans se fier uniquement à la grosseur de leur ventre, précise-t-elle, puisque les femmes en début de grossesse sont tout autant à risque.

Aucune ressource spécifique, dit-elle, n'est disponible ou bien prévu pour les femmes enceintes lors de catastrophes naturelles au pays.

D'après un reportage de Jean-Luc Bouchard

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