Retour

Les derniers mammouths seraient en partie responsables de leur disparition

Les derniers mammouths se sont éteints à cause du manque d'eau fraîche dans l'île où ils étaient confinés, et ce serait en partie de leur faute, montre une étude.

Un texte de Samuel Danzon-Chambaud

Parue lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, l'étude s'attarde sur la population de mammouths ayant vécu dans l'île Saint-Paul, dans le détroit de Béring.

Bien que ses congénères du continent se soient éteints il y a 12 000 ans, ce groupe a survécu pendant encore plus de 6000 ans. L'homme n'est arrivé sur l'île qu'au 18e siècle.

Les scientifiques ont comparé des couches de sédiments prélevés dans un lac de l'île, à la recherche de traces du mammifère. Ils ont ainsi pu établir la date précise de l'extinction de l'espèce, il y a à peu près 5600 ans.

En analysant d'autres facteurs biologiques, les chercheurs se sont également aperçus que « la disparition des mammouths de l'île Saint-Paul s'est accompagnée d'une réduction de la profondeur du lac et d'une plus importante turbidité de l'eau ».

Duane Froese, professeur à l'Université de l'Alberta et coauteur de l'étude, souligne que ces animaux auraient, d'une certaine manière, creusé leur propre tombe. « Les mammouths dégradaient en fait leur habitat, piétinant le sol au bord du lac et envoyant des sédiments dans leur source d'eau douce. »

Montée des eaux

Les scientifiques font aussi valoir que la taille de l'île a progressivement diminué, à cause de la montée des eaux. Cela a « préparé le terrain » pour l'extinction de l'espèce, selon eux.

L'étude fait aussi un parallèle avec le monde actuel, en mettant en évidence la vulnérabilité des espèces insulaires, dont les hommes, « face au réchauffement à venir, à la disponibilité de l'eau douce et à la montée du niveau de la mer ».

Plus d'articles

Commentaires