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Les effets des commotions cérébrales sur les adolescents diffèrent selon leur sexe

Un nouveau modèle pour étudier les effets des commotions cérébrales a été développé à l'Université de Victoria. Cet outil a permis aux chercheurs de l'établissement de découvrir que les symptômes se manifestent différemment chez les adolescentes et les adolescents.

Un texte de Michaële Perron-Langlais

Le modèle développé par le neuroscientifique Brian Christie et son équipe d’étudiants permet d’étudier les effets de multiples commotions légères sur le cerveau, ce qui le différencie des autres outils de recherche existants. Ces derniers ont été conçus avec l’intention de ne créer qu’une seule blessure, d’après Brian Christie.

« Les modèles existants ne faisaient pas un très bon travail pour observer les effets de commotions répétées, parce qu’ils endommagent directement le cerveau, explique le chercheur. Notre modèle simule une vraie commotion de manière très contrôlée, ce qui permet de reproduire la situation dans des conditions fiables. »

Le cerveau de la femme et celui de l’homme réagissent différemment

Les premières études effectuées avec ce nouvel outil portent sur les adolescents, une population particulièrement à risque selon Brian Christie.

« C’est souvent dans notre jeunesse que nous pratiquons le plus de sports, soutient-il. C’est aussi l’âge où il est le plus probable que nous adoptions des comportements risqués, en partie parce que notre cerveau est toujours en train de se développer. »

Les travaux des chercheurs de l’Université de Victoria ont permis d'établir des différences dans l’apparition et la persistance des symptômes en fonction du sexe des adolescents.

Ces différences avaient déjà été observées dans le passé selon le chercheur, mais il affirme que les hypothèses pour les expliquer étaient surtout basées sur la façon dont la commotion est provoquée.

« Les garçons ont tendance à se blesser dans des sports de contact comme le football et le hockey, alors que les filles se blessent souvent d’une autre manière », dit-il.

Brian Christie ajoute que certains pensaient aussi que la force du cou pouvait faire avoir un effet sur la sévérité de la commotion.

« Ce que notre recherche démontre, c’est qu’en contrôlant tous ces éléments, on voit que les blessures sont très similaires [chez les filles et les garçons], mais les symptômes sont différents », précise-t-il.

Le chercheur croit que cette découverte permettra de proposer des traitements spécifiques à chaque sexe.

Une surprise de taille

L’équipe de chercheurs dirigée par Brian Christie a également découvert qu’il faut généralement 8 à 16 impacts à la tête avant qu’on observe une inflammation significative du cerveau. « Ça a été une énorme surprise pour nous », raconte le neuroscientifique.

Brian Christie explique que ce serait plutôt un déplacement du thalamus, qui est en quelque sorte le centre de gravité du cerveau.

« Nous pensons que cela vient tirer sur les structures du cerveau qui entourent le thalamus, dont l’hippocampe, qui joue un rôle central pour notre mémoire et notre apprentissage, et d’autres zones associées aux nausées et autres symptômes des commotions », indique-t-il.

Brian Christie et ses étudiants de l’Université de Victoria poursuivent actuellement leurs recherches sur les effets des commotions répétées. Ils s’intéressent notamment aux cerveaux des personnes âgées.