Retour

Les escargots géants africains envahissent la Floride

Pour une deuxième fois en 50 ans, l'État de la Floride est aux prises avec cette calamité baveuse. Sa démarche paresseuse et sa mine patibulaire sont trompeuses : malgré les apparences, l'escargot géant africain est d'une efficacité impressionnante. 

L'escargot géant africain peut atteindre la taille d'un avant-bras. Ce mollusque géant dévore presque toutes les espèces de plantes qu'il trouve sur son passage, ce qui peut être problématique, surtout dans le deuxième État agricole des États-Unis après la Californie.

Il adore aussi le plâtre, qui solidifie sa coquille, ce qui explique qu'on le retrouve parfois sur les murs des résidences.

La Floride semble être une terre d'accueil idéale pour certaines espèces envahissantes, comme le python birman, la rainette de Cuba ou le varan du Nil. Mais les escargots géants ont de nets avantages reproductifs.

Comme nous, ils doivent être deux pour se reproduire. Mais ils peuvent changer de sexe en cas de besoin, ou produire des œufs en l'absence de partenaire. Sexuellement matures dès six mois, ils pondent au moins deux fois par année, à coup de 400 œufs environ.

Ces animaux sont aussi capables d'hiberner sous terre, si la température est trop aride. Ils s'enferment ainsi au fond de leur coquille, qu'ils sellent d'un film de bave séchée en attendant de meilleures conditions.

Ceux qui saliveraient à l'idée de faire cuire ce gibier qui peut peser jusqu'à 1,5 kg dans le beurre à l'ail doivent malheureusement se raviser : il est porteur d'un parasite, un petit ver rond qui peut provoquer des méningites chez l'homme.

Un envahisseur récalcitrant

L'escargot n'ayant pas de prédateur naturel en Floride hormis l'homme, des sommes colossales doivent être investies pour éradiquer cette plaie. Depuis son retour à Miami en 2011, l'État a dépensé 11 millions de dollars dans l'espoir de se débarrasser de ce gluant problème.

Des boulettes de poison ont été disséminées au sol, mais les escargots les évitent en grimpant aux arbres.

Une ligne de téléphone spéciale a été mise à la disposition des citoyens qui se trouveraient sur le chemin visqueux d'un de ces spécimens. Le rythme lent de ces bestioles est un avantage pour les autorités floridiennes, qui peuvent ainsi aller récupérer l'animal, jamais bien loin de l'endroit où il a été aperçu un peu plus tôt.

Deux labradors ont même été dressés pour flairer leur signature olfactive, afin de repérer les spécimens qui auraient échappé aux campagnes d'éradication chimique.

Les responsables de ces campagnes pensaient avoir fait des progrès, jusqu'à ce qu'on découvre, en septembre 2014 dans un quartier cossu de Miami, la « maison aux escargots ». Plus de 5000 individus y vivaient paisiblement, se reproduisant à loisir.

En quatre ans, plus de 158 000 escargots ont été éliminés. La Floride ne pourra être déclarée libre d'escargots géants que si l'on ne trouve aucun spécimen vivant dans la nature durant au moins deux ans. En attendant, les efforts contre ce fléau rampant au ralenti se poursuivent.

Plus d'articles

Commentaires