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Les femmes préhistoriques plus fortes que les championnes d'aviron d'aujourd'hui

Les femmes qui vivaient au néolithique, il y a plus de 7000 ans en Europe centrale, avaient des bras bien plus forts que ceux de la crème des avironneuses actuelles, selon une étude publiée mercredi.

Les chercheurs de l’Université de Cambridge, dont les travaux ont été publiés dans le journal Science Advances, avancent que cette force physique serait le résultat d’un style de vie agricole exigeant.Labourer le sol, récolter les céréales et faire de la farine en broyant des graines à l’aide de lourdes meules en pierre aurait permis à ces femmes de développer la force non seulement de leurs bras, mais aussi de leurs poignets.« En analysant les os de personnes vivantes qui font régulièrement de l'exercice intensivement et en les comparant aux os anciens, il est possible d'en déduire les types de travaux que nos ancêtres faisaient », explique Alison Macintosh, la principale auteure de l’étude.

Les scientifiques de l’Université de Cambridge ont analysé l’humérus (l’os qui se trouve entre l’épaule et le coude) et le tibia (dans le bas de la jambe) des membres d’une équipe féminine d’aviron sur une période de trois semaines.Âgées d’une vingtaine d’années, les femmes s’entraînaient deux fois par jour et ramaient en moyenne 120 kilomètres par semaine.Malgré tout, ce sont les femmes de la préhistoire qui l’emportent haut la main : les résultats de l’étude démontrent que leur humérus était de 11 à 16 % plus puissant que celui des rameuses.Ce résultat s’élève à 30 % comparativement à d’autres étudiantes de Cambridge, au mode de vie moins actif.

« Ces mouvements répétitifs des bras pour frotter les deux pierres pendant des heures ont probablement eu les mêmes effets que l'activité de ramer », avance Mme Macintosh.Après analyse, la force osseuse des tibias était toutefois similaire.Les femmes préhistoriques, grandes oubliées

Les travaux de Mme Macintosh et de ses collègues Ron Pinhasi et Jay T. Stock sont en quelque sorte une réplique à une étude antérieure, qui comparait les os des femmes préhistoriques à ceux des hommes de la même époque. Les résultats démontraient alors que la force des hommes était supérieure à celle des femmes.

Aux yeux d’Alison Macintosh, ce genre d’étude ne permet pas de dresser un portrait juste de la vie que menaient les femmes du néolithique, grandes absentes des études sur la préhistoire.« Je savais que le rôle des femmes ne se limitait pas à rester assises sur leur derrière, mais j’étais heureuse de pouvoir mettre en lumière, à l’aide de données, cette histoire méconnue du travail des femmes de la préhistoire », souligne-t-elle.

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