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Les gaffes des autres perçues par les grands singes

Les bonobos, les chimpanzés et les orangs-outans sont apparemment capables, comme les humains, de deviner quand une personne se trompe, ont constaté des primatologues allemands.

Un texte d'Alain Labelle

Cette nouvelle connaissance montre que ces animaux sont capables de comprendre quand quelqu'un d'autre pense quelque chose qui est faux. Cette capacité est un signe de cognition sociale avancée que les primatologues pensaient unique à l’humain.

Pour arriver à l’établir, David Buttelmann et ses collègues du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology en Allemagne ont soumis 34 primates du zoo de Leipzig à un test créé pour des enfants âgés d'un an et demi.

Ce test consiste à faire placer un objet par une personne dans une des deux boîtes situées devant elle, et ce, en présence d'un grand singe.

Ensuite une deuxième personne sort l'objet pour le mettre dans une autre boîte, puis verrouille les deux boîtes.

Dans le premier cas de figure, le sujet numéro un reste dans la pièce et voit que l'objet a été déplacé, sachant exactement où il se trouve.

Dans le second cas, la deuxième personne sort de la pièce et ignore que l'objet a été changé de place, ce qui fait qu'elle détient une fausse information et cherche, quand elle revient, à ouvrir la mauvaise boîte.

Le singe, qui savait comment déverrouiller les deux boîtes, pouvait décider laquelle ouvrir pour ces deux personnes pendant le test.

Les chercheurs ont observé qu'à l'instar des jeunes enfants, ces primates avaient clairement bien plus aidé la personne qui se trompait.

Les chercheurs expliquent que ce comportement laisse à penser que les grands singes utilisent leur compréhension de ce qu'une personne pense être la réalité pour décider de l'aider ou pas.

Si ces observations se confirment, cela signifiera que les grands singes comme les humains pourraient être capables de « lire » dans la pensée des autres dans le cadre d'interactions sociales.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Plos One.

En 2016, une recherche américano-japonaise publiée dans la revue Science suggérait déjà la capacité de ces primates à deviner les intentions d'autres individus ou de comprendre ce que quelqu'un peut voir ou pas. Cette capacité apparaît chez les humains à partir de 15 mois.

Les résultats de toutes ces expériences abondent dans le sens d'une réflexion de Charles Darwin, le père de la théorie de l'évolution en 1871. Il écrivait alors « qu'aussi importante soit-elle, la différence entre l'esprit de l'homme et celui des animaux les plus supérieurs n'est certainement qu'une différence de degré et non d'espèce ».

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