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Les maladies du cœur frappent et tuent davantage les femmes

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à souffrir des maladies du cœur et à en mourir, note le Bulletin du cœur 2018 publié par la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC du Canada (Cœur + AVC).

Le document explique que cette situation est due à des lacunes en matière de recherche, de diagnostic, de traitement et de soutien tout au long de leur rétablissement.

De plus, elles sont plus nombreuses à vivre avec des séquelles qui sont également plus graves.

Le rapport rappelle aussi que les maladies du cœur sont la cause principale de décès prématuré chez les femmes au pays, c’est-à-dire de mourir avant l’espérance de vie attendue.

Une qualité de vie diminuée

Lorsqu’on les compare aux hommes victimes d’un AVC, les femmes sont 60 % moins susceptibles de retrouver leur autonomie et réalisent moins de gains fonctionnels.

La qualité de vie des survivantes à l’AVC est donc diminuée lorsqu’elle est comparée à celle des hommes.

La raison? Pendant des décennies, la recherche s’est presque exclusivement intéressée à la santé des hommes. Mais l’hypothèse selon laquelle une solution était convenable à tous également s’est révélée fausse.

Réadaptation compromise

Moins de la moitié des femmes ayant subi un AVC (46 %) participent à des programmes de réadaptation, note le rapport, si bien qu'elles sont moins susceptibles que les hommes de retourner à la maison après un AVC. En fait, près de deux fois plus d'entre elles sont traitées dans des établissements de soins de longue durée.

Des percées qui profitent plus aux hommes

« Nous avons vu des améliorations exceptionnelles en matière de sensibilisation, de soins, de traitement et de recherche au cours des 20 dernières années », affirme Yves Savoie, chef de la direction national de Cœur + AVC.

Les femmes ne profitent toutefois pas autant de ces progrès que les hommes.

Un risque particulier bien féminin

Les femmes sont plus à risque de subir un AVC à certains moments de leur vie. Un exemple : l'AVC est trois fois plus fréquent chez les femmes enceintes que chez celles d'âge comparable qui ne sont pas enceintes.

De plus, le risque d'AVC augmente chez les femmes ménopausées, et il s'élève jusqu'à 30 % avec le recours au traitement d'hormonothérapie substitutive.

Des séquelles plus importantes

Les atteintes aux femmes âgées victimes de l'AVC sont plus nombreuses et plus graves, laissent des séquelles plus importantes et posent des problèmes supplémentaires pendant le rétablissement, notamment parce que ces femmes sont souvent exclues des études scientifiques sur l'AVC.

Des signes annonciateurs mal compris

Selon un sondage commandé par la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC du Canada, 70 %, des femmes ne connaissent aucun des principaux facteurs de risque de l'AVC, tandis que seulement 25 % des répondantes savent qu'une pression artérielle élevée en constitue un, alors qu'il s'agit du plus important.

Des actions à prendre maintenant

Selon Yves Savoie, chef de la direction national de Cœur + AVC, ce retard doit être rattrapé de toute urgence.

Selon lui, le défi consiste maintenant à accélérer le rythme du changement « pour acquérir et mettre en pratique de nouvelles connaissances pour créer des soins cardiaques encore meilleurs et plus sécuritaires pour elles.