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Les médias sociaux, un moyen de propager les connaissances scientifiques?

La science et les médias sociaux peuvent paraître contradictoires, mais ne le sont pas forcément. En fait, il y aurait plusieurs avantages à publier les résultats d'études scientifiques sur les médias sociaux, selon une équipe de chercheurs menée par un étudiant au doctorat à l'Université de l'Alberta.

Un texte de Héloïse Rodriguez

Clayton Lamb et ses deux collègues Sophie Gilbert et Adam Ford, trois chercheurs spécialisés en écologie et en conservation, ont étudié la popularité de 8 300 études scientifiques publiées entre 2005 et 2010 dans ce domaine.

Ils voulaient découvrir si le fait d’être actif sur les médias sociaux permettait à un chercheur de se faire connaître plus rapidement par la communauté scientifique.

Évaluer l’engouement d’une étude scientifique sur les médias sociaux est donc un moyen beaucoup plus rapide d’évaluer l’impact d’un article, car cela se fait dans les premiers jours après la publication, alors que « ça peut prendre de trois à quatre ans avant de savoir si une étude va se faire référencer par les pairs », explique Clayton Lamb.

La science pour lutter contre la désinformation?

Sophie Gilbert, coauteure de l’étude et professeure associée à l’Université de l’Idaho, pense qu’au-delà de la communauté scientifique, les médias sociaux sont un bon moyen de partager des informations véridiques avec un plus vaste public.

Elle croit que la demande est là. « Les gens sont activement en train de contacter les scientifiques comme source d’information d’une manière qui était impossible auparavant », explique-t-elle.

Selon Sophie Gilbert, les médias sociaux comme Twitter permettent de créer plus de proximité, et même un lien de confiance entre quelqu’un du public et un scientifique.

« Par exemple, quand quelqu’un du public me suit sur les médias sociaux, on a des conversations beaucoup plus humaines qu’on n'aurait pas pu avoir autrement », explique Sophie Gilbert.

« Ensuite, quand je publie une information scientifique qui est vraie, il y a beaucoup plus de chances que le public m’écoute et me fasse confiance », affirme-t-elle.

Plus de communication scientifique

« On espère qu’on pourra voir plus de science dans un monde rempli de fausses nouvelles et de faits alternatifs, dit Clayton Lamb. Plus on fait connaître la science, plus nos conversations seront efficaces. »

Sophie Gilbert espère elle aussi que de plus en plus de chercheurs vont choisir de publier les résultats de leurs recherches sur les médias sociaux.

« Je crois qu’il y a encore un grand écart en termes du potentiel qu’on peut atteindre. C’est vraiment encourageant de voir à quel point le public s’intéresse aux sciences sur Twitter, se réjouit-elle. Je crois qu’on pourrait en faire plus, je crois que c’est ce que les gens veulent et c’est à nous de prendre cette responsabilité. »

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