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Les musées scientifiques tirent la sonnette d'alarme

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec a pris la décision, en 2016, d'exclure la muséologie à vocation scientifique de son champ de compétence. Une décision qui motive aujourd'hui les musées de l'Est du Québec à tirer la sonnette d'alarme.

Un texte de Jérôme Lévesque-Boucher

Cette décision du ministère fait en sorte que la plupart des musées à vocation scientifique ne peuvent pas espérer un financement prévisible sur une longue période, à l'instar des musées voués à l'histoire ou l'art. Sur les douze musées scientifiques reconnus par le ministère, neuf n'ont pas de soutien récurrent.

Selon Stéphane Madore, directeur général de l'observatoire ASTER de Saint-Louis-du-Ha!-Ha!, cette situation condamne les musées scientifiques touchés, tels que le sien, à vivre au jour le jour sans être en mesure d'améliorer l'offre aux visiteurs.

Même son de cloche au Centre d'interprétation des mammifères marins (CIMM) de Tadoussac: le directeur, Patrice Corbeil, dit ne pas être en mesure d'atteindre ses objectifs de sensibilisation auprès de la population comme il pourrait le faire avec un soutien financier récurrent.

Des justifications?

Selon les deux directeurs, il est difficile de comprendre pourquoi le ministère a pris cette décision en 2016. Ils notent que selon l'Observatoire des cultures et des communications du Québec, les musées à vocation scientifique ont la cote auprès du public. Si 14% des institutions muséales du Québec sont à vocation scientifique, elles représentent 35% des entrées aux guichets.

Selon Stéphane Madore, le ministère explique à mots couverts qu'il ne se sent pas apte à juger de la pertinence des expositions scientifiques.

Pour le directeur du CIMM, les institutions à vocation scientifique ne savent plus à quel ministère s'adresser. « Sous quel ministère oeuvre-t-on? Est-ce le ministère de l'Économie, des Sciences et de l'Innovation? Est-ce le ministère de l'Éducation? On est ouvert à travailler avec un autre ministère. Mais il faut qu'on soit appuyés rapidement », affirme-t-il.

Urgence d'agir

Les deux directeurs sont d'accord pour dire qu'une décision doit être prise rapidement pour éviter des fermetures de musées. Selon Patrice Corbeil, il en va de la capacité des citoyens de prendre des décisions éclairées sur les défis qui se dresseront devant la société prochainement.

« Il faut que les gens, surtout les jeunes, viennent nous visiter pour développer cette curiosité scientifique. Avec le réchauffement climatique et l'acidification des océans - pour ne nommer que ceux-là, on a le devoir d'assurer notre relève », tranche le directeur du CIMM.

« Si nous ne pouvons pas compter sur un financement adéquat, on ne peut pas se doter d'expositions et d'équipements adéquats qui répondent aux besoins du public. Et là, on perd notre pertinence », ajoute Stéphane Madore.

À l'aube de la campagne électorale provinciale en 2018, les deux directeurs osent croire que les partis qui aspirent au pouvoir s'engageront à assurer la pérennité des musées à vocation scientifique.

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