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Les opiacés, un antidouleur mal utilisé, selon une étude

Des médecins américains se préoccupent de l'usage que font les personnes opérées des opiacés qui leur sont prescrits comme antidouleur lorsqu'ils quittent l'hôpital.

Les patients qui ont subi une opération se retrouvent souvent avec des comprimés antidouleur inutilisés, selon une étude.

Des médecins américains affirment que cette situation montre le peu de connaissance qu’ont les chirurgiens sur les besoins en médicaments de leurs patients. Ils soulignent aussi que ces « surplus » de pilules peuvent être utilisés à des fins non médicales et entraîner des accidents, voire la mort.

Le Dr Mark Bicket, un anesthésiste et spécialiste de la douleur à l’École de médecine de l’Université John Hopkins, et son équipe ont passé en revue six études menées auprès de 800 patients pour évaluer leur utilisation des opioïdes prescrits après leur opération. Les personnes avaient subi des opérations dentaires, orthopédiques et obstétriques.

Les résultats de la recherche, publiés dans JAMA Surgery, ont révélé que de 67 % à 92 % des patients se retrouvaient avec des comprimés en surplus.

Dans le lot de patients qui possédaient encore quelques comprimés au fond d'une bouteille dans leur pharmacie, les chiffres révèlent que dans 71 % à 84 % des cas, les patients n'ont pas pris toute la dose prescrite parce qu’ils ne ressentaient plus de douleur.

Dans 16 % à 29 % des cas, les personnes opérées ont dit qu’elles étaient préoccupées par les risques de dépendance ou par les effets secondaires comme la nausée et la constipation.

Jusqu’à 21 % des patients ont dit qu’ils n’avaient pas fait remplir leur ordonnance, tandis que de 7 % à 14 % ont révélé l’avoir fait remplir, mais n'avoir avalé aucun comprimé.

Le Dr Bicket affirme qu'un des obstacles auxquels sont confrontés les chirurgiens est le manque d’information. Il n’y a pas de données ni de recherches sur lesquelles se baser à ce chapitre, dit-il.

L'anesthésiste suggère que les médecins prennent plus de temps à évaluer la douleur postopératoire de leur patient pour mieux cibler la dose d'antidouleur nécessaire.

Des études démontrent d'ailleurs que les antidouleurs comme l’acétaminophène et le naproxen suffisent à soulager une douleur postopératoire modérée.

Avec les informations de CBC

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