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Les ouragans se déplacent de plus en plus lentement

La vitesse à laquelle les ouragans (cyclones, typhons) se déplacent a ralenti à l'échelle planétaire au cours des sept dernières décennies, en particulier dans les zones côtières, montrent des travaux réalisés aux États-Unis.

Un texte d'Alain Labelle

Ce ralentissement moyen d’environ 10 % de la vitesse de translation des cyclones tropicaux signifie plus de pluie et, potentiellement, plus d’inondations, donc plus de dégâts dans les zones habitées.

Cette baisse de leur vitesse s’est produite dans une période durant laquelle la planète s'est réchauffée de 0,5 degré.

Pour en arriver à ce constat, le scientifique James Kossin et ses collègues de l’Université du Wisconsin à Madison ont analysé les données météorologiques concernant les ouragans de 1949 à 2016.

Leurs résultats montrent qu’une tempête s'attarde en moyenne dans une région donnée sur une plus longue période, par exemple l'ouragan Harvey, qui a stagné au-dessus de l'est du Texas pendant près d'une semaine en août 2017.

Toutes les raisons à l'origine de ce ralentissement ne sont pas comprises, mais les changements climatiques n’y seraient pas étrangers.

Le rôle du réchauffement

« Comme l'atmosphère de la Terre se réchauffe, la circulation atmosphérique change », soutient James Kossin. Ses travaux laissent entendre, selon lui, que le réchauffement climatique provoque une perte de vitesse générale de la circulation tropicale estivale.

Ces changements sont inégaux et varient en fonction des régions et de la période de l'année. Le ralentissement observé des ouragans atteindrait les 20 % et 30 % respectivement au-dessus des zones terrestres frappées par les ouragans de l'Atlantique nord et du Pacifique nord-ouest, et de 19 % au-dessus du territoire australien.

Il faut aussi mentionner que le réchauffement augmente aussi la quantité de vapeur d'eau présente dans l'atmosphère, ce qui peut mener à une augmentation des précipitations.

M. Kossin affirme qu’il est essentiel de poursuivre les recherches consacrées à l'effet des changements climatiques sur les ouragans pour comprendre l’évolution des risques à l’échelle du globe. Une chose est certaine cependant, ces travaux ne fournissent pas une mesure exacte de l’influence du climat, si bien qu’ils ne permettent pas de mieux prévoir le ralentissement dans les années qui viennent en fonction du réchauffement qui se poursuivra.

D’une échelle mondiale à une échelle régionale

Ces travaux soulignent aussi toute l’importance que représente la circulation atmosphérique à l'échelle mondiale sur les précipitations à l’échelle régionale causées par les cyclones tropicaux.

Ces tempêtes ont tendance à « suivre le courant » où elles se trouvent, ce qui signifie que leur direction et la vitesse à laquelle elles se déplacent sont guidées par les vents de l’environnement immédiat.

Par conséquent, tout changement dans la circulation des vents des régions tropicales pourrait vraisemblablement influer sur la vitesse de déplacement des ouragans.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Scientific Reports.

Saison active en vue

Après une saison 2017 marquée par des ouragans dévastateurs, la saison 2018 devrait être active, mais moins intense.

Les experts américains de l’Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) prévoient de 10 à 16 tempêtes nommées cette saison. Pour se voir attribuer un prénom, ces tempêtes doivent maintenir des vents de plus de 63 km/h.

La saison des ouragans débute le 1er juin et se termine le 30 novembre. Les périodes les plus actives sont habituellement à la fin août et en septembre.

Selon la NOAA, une saison moyenne compte 12 tempêtes baptisées. Six peuvent devenir des ouragans, dont trois majeurs.