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Les robots, de plus en plus présents dans l'industrie du pétrole

Des camions sans chauffeur, des forages réalisés par des machines presque autonomes, des programmes pour contrôler la pression des fluides de fracturation. De plus en plus, les robots font la preuve de leur efficacité dans les activités de l'industrie pétrolière.

Un texte de Laurent Pirot

Les nouvelles plateformes de forage, plus automatisées que jamais, creusent des puits avec plus de constance et d’efficacité. Elles sont plus rapides et, donc, moins coûteuses que les plateformes plus anciennes.

Les 150 camions autonomes qui transporteront bientôt des millions de tonnes de minerai à la mine d'exploitation des sables bitumineux North Steepbank de Suncor sont un des exemples les plus frappants de cette évolution dans un secteur qui a toujours beaucoup misé sur l’innovation technologique.

Les camions sans chauffeur roulent jour et nuit et ne s’arrêtent que pour faire le plein de carburant. Ils ont appris à éviter les ornières et à surmonter les colères du climat du nord de l’Alberta. Les machines peuvent aussi repérer les intrus autour d’elles, que ce soit un véhicule, un piéton ou un lapin en vadrouille.

Sécurité renforcée

Après des années de test, Suncor a conclu qu’elles coûtaient moins cher que les engins conduits par les chauffeurs spécialisés, tout en réduisant les risques et les accidents de travail. Les inspecteurs provinciaux ne signalent aucun incident pendant la phase de test.

En fin de compte, quand les robots sont au volant « la sécurité est renforcée par rapport à [ses] installations actuelles et ça va faire baisser des coûts », affirme Mark Little, directeur des opérations pour Suncor.

Suncor fait des émules

L’exemple de Suncor a séduit d'autres entreprises. Quelques kilomètres plus au nord, la pétrolière Imperial teste une technologie similaire dans sa mine Kearl.

La robotisation ou, au moins, l’introduction de technologies de plus en plus automatisées sont des tendances lourdes pour remplacer les humains. Un employé commettra inévitablement des erreurs, même minimes, observe Scott Dunbar, qui dirige le département d’ingénierie minière à l’Université de la Colombie-Britannique.

Pas de baisse d’attention

« C’est difficile d’obtenir une production constante dans un système piloté par des humains, c’est pour ça qu’on se tourne vers l’automatisation », explique le chercheur.

Sur les plateformes de forage, qui creusent les puits, les ordinateurs ont également de plus en plus de place. Les machines ne se fatiguent pas, contrairement à un technicien qui peut connaître des baisses d’attention.

En même temps, les humains doivent acquérir de nouvelles compétences. Sur les sites de fracturation hydraulique, les employés qui manoeuvraient les pompes chargées d’injecter dans le sol des fluides doivent maintenant contrôler des systèmes informatiques, note le PDG de l’Association canadienne des services pétroliers, Mark Salked. « On ne les jette pas à la rue pour les oublier. Ils sont formés parce qu’ils ont d’autres choses à faire », estime-t-il.

Suncor espère aussi que les 400 postes supprimés par l'arrivée des camions sans chauffeur pourront être presque tous remplacés par d’autres emplois.

Même le gouvernement s’adapte

Les fonctionnaires aussi acquièrent de nouvelles compétences. Le bureau de sécurité et de santé au travail du ministère albertain du Travail a dû faire appel à un expert extérieur pour évaluer les véhicules autonomes de Suncor.

« Nos fonctionnaires vont devoir se former pour comprendre de plus en plus finement ce genre de technologie », reconnaît Rob Feagan, le directeur chargé de la prestation de services.