Spectacle de tous les jours, le coucher du Soleil suscite souvent la fascination. Mercredi, les citoyens du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont eu droit à une prestation particulièrement captivante. Les couleurs éclatantes ont fait prendre l'air à plusieurs, le temps de saisir le moment. Mais comment expliquer toutes les nuances que le ciel revêt? Deux spécialistes commentent.

Un texte d'Émilie Hamon

Une plus grande distance à franchir

À la base, la lumière est constituée de longueurs d'ondes qui correspondent chacune à une couleur, allant du violet au rouge. « La lumière bleue a une des plus petites longueurs d'ondes et se disperse mieux dans l'atmosphère », explique Alexandre Parent, météorologue à Environnement Canada.

C'est une des raisons pour lesquelles le bleu prédomine pendant le jour, alors que les rayons du Soleil frappent plus directement la Terre.

Cependant, lorsque le Soleil se couche, ses rayons doivent franchir une plus grande distance dans l'atmosphère et se butent donc à un obstacle supplémentaire. « Quand le Soleil arrive près de l'horizon, au lever et au coucher, l'épaisseur de l'atmosphère que les rayons doivent traverser est de 10 à 15 fois plus grande. Le bleu est tellement dispersé qu'il n'en reste pratiquement plus, donc il laisse place aux couleurs chaudes », ajoute Stéphan Ruest, éducateur à l'observatoire Aster de Saint-Louis-du-Ha!-Ha!.

La météo en ligne de compte

Les couleurs perçues au coucher du soleil varient d'une journée à l'autre, entre autres à cause des conditions météorologiques. Selon Stéphan Ruest, l'humidité présente dans l'air et les nuages sont des facteurs à prendre en compte. Tout obstacle peut contribuer, selon lui, à accentuer ou à diminuer la diffusion des couleurs.

Pas de nuages, plus de couleurs?

Idée à déconstruire : la présence de nuages ne signifie pas l'absence de couleurs dans un coucher de soleil.

Alexandre Parent soutient que plus les nuages sont élevés, plus ils permettent une gradation des couleurs, une réflexion du Soleil.

Il ajoute que la forme des nuages peut aussi accentuer les couleurs.

Une multitude d'obstacles à franchir

La distance à franchir dans l'atmosphère, les conditions météo, le couvert nuageux sont autant d'obstacles qui influencent les couleurs du ciel au coucher du Soleil. On pourrait aussi ajouter la pollution.

Selon Alexandre Parent, plus l'air est pollué, plus les teintes de rouge foncé vont paraître. « Il y a quelques années, on a eu des fumées qui nous venaient des feux de forêt et le Soleil était toujours un peu orangé parce que le bleu était pratiquement tout absorbé. »

Les couleurs perçues au coucher du soleil sont donc, en quelque sorte, un concours de circonstances. Ne reste plus qu'à espérer les meilleures d'entre elles.

Plus d'articles