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Mission ExoMars : la sonde est en orbite, l'atterrisseur manque à l'appel

L'orbiteur TGO de la mission ExoMars s'est placé en orbite autour de la planète Mars après une série de manœuvres délicates. Les responsables de la mission attendent dans l'inquiétude des nouvelles de l'atterrisseur Schiaparelli qui se serait posé sur Mars, mais qui n'a pas encore envoyé de signal. Pire, le contact radio a été perdu dans la minute avant le contact prévu au sol.

Un texte d'Alain Labelle

« Je ne suis pas très optimiste » sur les données censées avoir été prises après l'atterrissage du module planifié à 14 h 48 GMT, a affirmé à l'AFP Thierry Blancquaert, responsable du module à l'Agence spatiale européenne (ASE).

« L'atterrisseur a touché de sol, c'est sûr. Maintenant est-ce qu'il a touché le sol dans de bonnes conditions ou est-ce qu'il y a eu un rocher mal placé ou un cratère ou simplement un problème avec son émetteur radio, ça je ne le sais pas encore », a-t-il poursuivi.

L'ASE risque gros avec cette mission réalisée en collaboration avec la Russie. Il y a 13 ans, elle avait lancé la sonde Mars Express, toujours fonctionnelle en orbite, mais dont l'atterrisseur Beagle 2 n'avait pas survécu à sa descente vers la surface martienne. L'Agence veut à tout prix éviter un second échec avec ExoMars, qui a coûté 1,9 milliard de dollars.

Les sondes TGO et Schiaparelli ont parcouru pas moins de 486 millions de kilomètres depuis leur départ de la Terre, le 14 mars dernier.

Manœuvre délicate

Le duo s'est quitté dans la nuit de dimanche à lundi. L'orbiteur TGO a largué l'atterrisseur pour ensuite commencer les manœuvres qui lui ont permis de s'insérer dans l'orbite de la planète mercredi.

L'atterrisseur Schiaparelli a ensuite parcouru 916 000 kilomètres avant d'atteindre sa destination finale : la plaine Méridiani. Il doit y rejoindre le robot Opportunity de la NASA, toujours en service, qui s'y trouve depuis 2004.

Jusqu'à présent, seuls les États-Unis ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

La descente de Schiaparelli a duré trois jours. Seulement six minutes ont été nécessaires à la sonde pour traverser l'atmosphère martienne et parvenir à sa surface. Les responsables de la mission n'ont pas reçu le signal attendu pendant sa descente.

Si tout s'est passé comme prévu, l'engin  a été freiné par un bouclier thermique puis par un parachute. Des rétrofusées sont ensuite entrées en action pour le ralentir davantage. Ses moteurs ont ensuite été coupés tout près du sol et l'impact final a été amorti par une structure écrasable.

Objectif : trouver des traces de vie

La mission ExoMars tentera de trouver des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars.

  • TGO est chargée de « renifler » l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane. Elle effectuera ainsi un inventaire complet des gaz à la surface de la planète. Elle servira aussi de relais de communication pour d'autres sondes martiennes européennes qui seront déployées d'ici 2020, mais également pour les robots américains actuellement sur Mars. TGO commencera sa mission scientifique à la fin de l'année 2017, après une année de manœuvres de freinage destinées à circulariser son orbite.
  • L'atterrisseur Schiaparelli ne vivra que quelques jours (de 2 à 10 jours). Sa durée de vie dépendra en fait du froid qui règne sur Mars. Plus les températures seront basses, plus il consommera de l'énergie pour pouvoir fonctionner. Il est équipé d'une station météo qui mesurera la pression, la température, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les champs électriques.