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Mystère autour de l’accélération de l’expansion de l’Univers

Un écart mathématique dans différents calculs du taux d'expansion de l'Univers est jugé « assez grave » et indiquerait peut-être même l'existence d'un phénomène physique inconnu, affirme le Pr Adam Riess, Prix Nobel de physique en 2011.

Un texte d'Alain LabelleLe scientifique américain a établi en 1998, avec ses collègues Saul Perlmutter et Brian Schmid, que l'Univers est en expansion à une vitesse qui accélère constamment. Le trio a reçu le prix Nobel pour souligner cette découverte.

Or, de récentes études laissent penser qu’une incohérence détectée antérieurement ne disparaît pas. En entrevue à la BBC, le Pr Riess a expliqué qu’un phénomène inconnu en est peut-être à l’origine, ce qui pourrait éventuellement mener à une découverte majeure en physique.

La différence est constatée lorsque les physiciens comparent les mesures précises du taux d’accélération obtenues de différentes façons.

La constante de Hubble

L'unité de mesure utilisée pour décrire l'expansion de l’Univers est la constante de Hubble, un nom donné en l’honneur de l'astronome Edwin Hubble, mais surtout du télescope spatial qui porte son nom et qui a permis d’établir la constante. Le Pr Riess a d'ailleurs utilisé la Wide Field Camera 3 du télescope Hubble pour affiner ses mesures de la constante.

Autrement dit, la présence d'une incohérence est de plus en plus probable.

Le Pr Adam Riess a présenté ses récents travaux lors du congrès annuel de la société américaine d’astronomie qui se tenait à Washington.

Des hypothèses

Selon lui, ses récentes analyses laissent à penser que l’Univers est actuellement en expansion 9 % plus rapidement que le montraient les modèles. Un résultat pour le moins « remarquable », selon lui.

L’une des raisons qui pourraient expliquer le décalage entre les différentes techniques de mesure pourrait être la présence d’un phénomène physique inconnu, comme l’ajout d’une nouvelle particule, appelée neutrino stérile, au modèle standard de la théorie des particules.

Celle-ci représenterait un quatrième type de neutrinos. Toutefois, si les trois autres sont bien connus des physiciens, les tentatives de détection du quatrième n'ont toujours pas abouti à ce jour.

Une autre explication pourrait se trouver dans le comportement de l'énergie noire qui se comporterait différemment maintenant par rapport au balbutiement de l’Univers.