Les chimpanzés sauvages capturés et importés d'Afrique dans leur jeune âge présentent des facultés sociales affaiblies quand ils deviennent adultes. En fait, la perte précoce de la mère a des effets négatifs sur l'intégration sociale des chimpanzés tout au long de leur vie, affirment des chercheurs autrichiens.

Un texte d'Alain Labelle

Jusqu'à ce jour, les effets à long terme d'expériences traumatisantes dans l'enfance sur le comportement social ont été observés uniquement chez les humains et les chimpanzés socialement isolés.

Certains ont été utilisés pour la recherche biomédicale, alors que d'autres ont pris le chemin de jardins zoologiques.

Ces établissement abritent donc des chimpanzés capturés avant la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, signée à Washington en 1973.

Ces individus ont subi un traumatisme important. Ils ont souvent été capturés après l'abattage de leur mère, qui s'est produit devant eux. Ils ont aussi vécu un changement de vie important, passant de l'état sauvage à la captivité.

La population totale initiale de chimpanzés se montait à plusieurs millions d'individus. Elle est passée de 2 millions, au début du 20e siècle à 1 million en 1960 pour tomber à 300 000 dans les années 1980, et moins de 150 000 dans les années 2000.  

Toutefois, contrairement aux autres chimpanzés de laboratoire, ces orphelins ont bénéficié de la présence maternelle humaine et d'autres individus de la même espèce. Ils ont ainsi pu vivre des interactions sociales.

Les travaux d'Elfriede Kalcher-Sommersguter et Jorg Massen, de l'Université de Graz, montrent que les chimpanzés qui ont été privés de leur mère dès les deux premières années de la vie sont limités dans leur comportement de toilettage social des décennies plus tard. Ce toilettage est très important pour l'établissement et le maintien des relations sociales au sein des groupes de chimpanzés.

Ces déficits ne sont pas seulement observés chez les chimpanzés qui ont été hébergés individuellement en cage pendant des décennies dans un laboratoire d'analyses biomédicales avant d'être resocialisés, mais aussi chez les individus orphelins qui ont grandi dans les groupes sociaux dans un zoo.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Scientific Reports.

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