Le cortex cérébral des chiens contient plus de neurones que celui des chats, révèle une estimation réalisée auprès de plusieurs espèces de carnivores par une équipe internationale de chercheurs.

Un texte d'Alain Labelle

Les chiens seraient ainsi plus intelligents que les chats. Ils possèdent environ 530 millions de neurones dans le cortex cérébral, tandis que les chats en ont environ 250 millions.

Par comparaison, le cerveau humain en contient 16 milliards.

Des cellules liées à l’intelligence

Les cellules nerveuses (les neurones) du cortex cérébral sont associées à la pensée, à la planification et au comportement complexe, qui sont tous considérés comme des signes distinctifs de l'intelligence.

Dans leurs travaux publiés dans le journal Frontiers in Neuroanatomy, les chercheurs ont voulu comparer le nombre de neurones dans le cerveau de différentes espèces de carnivores en fonction de leur taille.

C’est la neuroscientifique brésilienne Suzana Herculano-Houzel, qui travaille actuellement à l’Université Vanderbilt, aux États-Unis, qui a mis au point la méthode permettant de mesurer avec précision le nombre de neurones dans le cerveau.

Les carnivores représentent 280 espèces de mammifères qui possèdent tous des dents et des mâchoires leur permettant de manger d’autres animaux.

Les chercheurs ont analysé le cerveau d'un ou deux spécimens de huit espèces : furet, mangouste, raton laveur, chat, chien, hyène, lion et ours brun.

Les résultats montrent que ce sont les chiens qui possèdent le plus de neurones, mais pas le cerveau le plus gros.

Pas d'avantages pour les carnivores

Les chercheurs s'attendaient à ce que leurs mesures confirment l'hypothèse selon laquelle le cerveau des carnivores doit avoir plus de neurones que celui des herbivores, puisque la chasse est plus exigeante sur le plan cognitif par rapport à la stratégie principale de l’herbivore qui consiste à trouver la sécurité par le nombre.

Or, ce ne fut pas le cas. Ils ont plutôt déterminé que le rapport entre les neurones et la taille du cerveau des carnivores de petite et moyenne taille était à peu près le même que celui des herbivores. Cette réalité laisse à penser qu'il y a autant de pression évolutive sur les herbivores pour qu'ils développent la puissance cérébrale nécessaire afin d'échapper aux prédateurs que sur les carnivores pour les attraper.

En fait, le rapport neurones-cerveau est plus faible pour les plus grands carnivores. Par exemple, les chercheurs ont déterminé que le cerveau d'un chien a plus de neurones que celui d’une hyène, d’un lion ou même d’un ours brun.

Et ce, même si les plus gros prédateurs ont un cerveau jusqu' à trois fois plus gros.

Les résultats remettent également en question le point de vue dominant selon lequel les animaux domestiques ont un cerveau plus petit que leurs cousins sauvages.

Ainsi, les rapports entre la taille du cerveau et le poids corporel des espèces domestiques qu'ils ont analysées (furet, chat et chien) n'ont pas varié de façon notable par rapport à ceux des espèces sauvages apparentées (mangouste, hyène, lion et ours brun).

Les analyses ont également permis de découvrir que le cas du raton laveur est particulier. Cet animal possède le même nombre de neurones corticaux qu'un chien, mais dans un cerveau de la taille de celui d'un chat.

« Ils ont un cerveau assez petit, mais ils ont autant de neurones qu'on pourrait s'attendre à en trouver chez un primate... C'est beaucoup de neurones », conclut Suzana Herculano-Houzel.

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