Les limitations qui empêchent les primates et les grands singes de parler ne se trouvent pas dans l'anatomie de leur conduit vocal, mais bien dans leur cerveau, a établi une équipe internationale de chercheurs. Explications.

Les primates non humains sont incapables d'apprendre de nouvelles vocalisations. Depuis des décennies, les scientifiques pensaient que cette incapacité à parler était due à leur anatomie locale, mais ni leur larynx, leur langue et leurs lèvres ne seraient responsables.

Pour l’établir, le biologiste Tecumseh Fitch de l’université de Vienne en Autriche et ses collègues ont étudié l’anatomie vocale de macaques à l’aide de radiographie vidéo. Ils ont ainsi pu regarder dans la bouche et la gorge des singes lorsqu’ils vocalisaient, mangeaient ou réagissaient par des expressions faciales.

Les scientifiques ont constaté que l'anatomie vocale des singes était beaucoup plus flexible qu’estimée jusqu’à aujourd’hui. L’incapacité à parler se trouverait donc dans le cerveau de ces animaux.

Les chercheurs ont ensuite utilisé ces radiographies vidéo afin de construire un modèle informatique de la parole chez le singe.

Le résultat montre que les singes pourraient facilement produire de nombreux sons, assez pour créer des milliers de mots, si leur cerveau le leur permettait.

Écoutez la simulation informatique des voeux de Noël de la bouche d'un singe:

Ces résultats laissent aussi à penser qu’une forme de langage parlé a pu évoluer à tout moment dans l'histoire humaine, sans nécessiter de changements dans l'anatomie vocale.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Science.

Plus d'articles

Commentaires