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Premiers résultats positifs pour la molécule anticancéreuse « québécoise »

Les premiers essais menés sur les humains d'un traitement contre le cancer basé sur une molécule développée par des chercheurs de l'Université de Montréal ont donné des résultats encourageants, et ils pourraient bien annoncer une nouvelle ère dans le traitement des maladies du sang.

Un texte d'Alain LabelleLes résultats préliminaires montrent que la procédure est non seulement réalisable, mais aussi sécuritaire. Les tests sur les humains pourront donc se poursuivre sur un plus grand nombre de personnes.

La création de la molécule UM 171, qui permet de multiplier les cellules souches sanguines provenant du cordon ombilical, a été l'objet d'un article publié dans le magazine Science en 2014.

Cette molécule a été développée par le Dr Guy Sauvageau et son équipe de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal. Une percée qui lui a d'ailleurs valu le titre de scientifique de l'année de Radio-Canada cette année-là.

Les essais cliniques menés sur 25 personnes ont commencé en 2015 à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Sous la direction de la Dre Sandra Cohen, ils ont permis de tester la technologie ECT-001 basée sur la molécule UM 171. « Nous sommes très encouragés par les résultats de cet essai jusqu'à présent », dit-elle.

Multiplier les chances de survie

Des centaines de Canadiens souffrant d'un cancer du sang ou de leucémie apprennent chaque année que leur seule chance de vivre réside dans une greffe de moelle osseuse.

La moelle osseuse est en quelque sorte l'usine où se fabrique le sang. On y trouve les cellules souches sanguines qui peuvent se développer en n’importe quelles autres cellules. Ce sont elles qui renouvellent continuellement le sang et ses composants.

Si la machine de fabrication du sang défaille, c'est la maladie. À défaut de la réparer, il faut la remplacer. Or, les cellules souches contenues dans le sang de cordon ombilical peuvent être utilisées pour traiter des maladies, comme la leucémie, parce que ces cellules souches provoquent moins de réactions de rejet chez les patients greffés.

Cette thérapie représente pour de nombreuses personnes un traitement de dernier recours.

Toutefois, la faible quantité de cellules souches dans une unité de sang de cordon limitait jusqu'à aujourd'hui son utilisation plus fréquente comme traitement chez les patients, surtout les adultes.

C’est précisément ce que l’ECT-001 permet, soit de multiplier les cellules souches sanguines provenant du cordon ombilical.

La Dre Cohen explique que la majorité des patients a répondu positivement à la greffe de cellules.

« Par conséquent, la durée des séjours à l'hôpital pour ces patients est plus courte que celle requise pour les patients ayant reçu des greffes conventionnelles de sang de cordon ombilical », ajoute la Dre Cohen. « Nous sommes optimistes quant aux résultats à long terme pour ces patients, et il est important de tester l’ECT-001 chez un plus grand nombre de patients pour confirmer ces résultats prometteurs. »

Les patients de cette première étude continueront à être suivis pendant une période de trois ans.

Il s'agit du premier d'une série d'essais cliniques utilisant l'ECT-001 pour traiter les patients atteints de troubles sanguins graves. Le deuxième essai clinique est en cours.