L'exoplanète la plus proche de notre système solaire découverte à ce jour pourrait être recouverte d'un océan, montre un scénario établi par des scientifiques français. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

Les scientifiques ont annoncé la découverte de la petite Proxima B en août dernier. Cette planète rocheuse de dimension semblable à la Terre est en orbite autour de l'étoile Proxima du Centaure, qui se trouve à 4,2 années-lumière de notre système solaire.

Elle se trouve à une distance de 0,05 unité astronomique de son étoile. C'est 20 fois plus près que la Terre ne l'est du Soleil. Son étoile, une naine rouge, est bien moins brillante que la nôtre. Proxima B se situe donc bien dans la zone habitable, et sa température autoriserait la présence d'eau liquide à sa surface, une condition essentielle à l'apparition de la vie.

Des astrophysiciens français de l'Université d'Aix-Marseille ont dressé deux scénarios à l'aide de simulations :

  • Si elle est petite : les chercheurs ont évalué que son rayon minimum s'approcherait de 5990 km. Elle serait dans ce cas très dense. Son noyau serait métallique et très gros. Il formerait à lui seul les deux tiers de la planète. Le reste serait composé d'un manteau rocheux et, peut-être même d'un peu d'eau. Cela n'exclut cependant pas la présence d'eau à la surface de la planète, comme sur la Terre, où la masse d'eau ne dépasse pas 0,05 % de la masse de la planète. Proxima B ressemblerait alors un peu à Mercure, la planète de notre système solaire la plus proche de notre Soleil.
  • Si elle est plus grosse : d'un rayon maximal de 8920 km, elle serait alors composée à 50 % de roches entourées de 50 % d'eau. Toute cette eau formerait un immense océan, d'une profondeur de 200 km, qui recouvrirait toute la surface de la planète. Dans les deux cas, une fine atmosphère gazeuse engloberait la planète, comme sur la Terre, rendant Proxima B potentiellement habitable.

En raison de sa proximité, l'objet céleste pourrait devenir la première planète hors de notre système solaire à recevoir la visite d'une sonde.

Le détail de ces travaux sera prochainement publié dans The Astrophysical Journal Letters.

Plus d'articles