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Quand les jeunes reporters apportent leur perspective

Le professionnalisme des apprentis journalistes de Jeun'Info Manitoba a impressionné leurs intervenants. Cette année, Jeun'Info leur a ouvert les portes lors d'une soirée de visionnement des reportages, le 15 mars. Les deux intervenants qui s'y sont présentés témoignent.

« Les jeunes sont fantastiques. C’est impressionnant, je suis très surpris du professionnalisme. Bravo! », s'exclame Luc Gauthier, avec tout l’entrain d'un militaire chevronné.

Il a figuré en tant que parent dans le reportage de Philip Lunam, qui porte sur les services offerts aux familles de militaires souvent déracinées en raison des déménagements.

« J’ai déménagé, j’ai fait tour du monde, j’ai vécu en Europe, dans l’Ouest canadien, les prairies, le Québec, j’ai vu le Canada au complet et des pays en guerre », lance Luc Gauthier.

« Mes enfants, ils ont vécu un autre aspect que je connais moins parce qu’eux autres, ils sont laissés en arrière. Moi j’étais de l’autre côté de la clôture, les journées passaient plus vite pour moi », dit-il.

Le militaire de carrière trouve que l’apprenti journaliste a bien raconté le déracinement des familles militaires, car il l'a vécu. Philip Lunam a dû déménager deux fois.

« Philip, c’est un enfant de militaire. Lui, il avait sa version de son côté, celui de l’enfant. Moi c’est plutôt le côté militaire actif. Et dans le reportage, on voit les deux côtés », ajoute Luc Gauthier.

Une sensibilité spéciale chez les jeunes

La porte-parole de l’organisme 1JustCity, Tessa Blaikie Whitecloud, a figuré dans le reportage de Leia Patterson sur la situation des sans-abri dans la capitale manitobaine.

« Leia était un peu nerveuse, mais vraiment professionnelle, dit Tessa Blaikie Whitecloud. Les jeunes comprennent parfois les sans-abri davantage que les personnes plus âgées. »

« Ils n’ont pas encore eu un emploi ou de la stabilité, toutes ces choses qui portent à croire que ce serait difficile de devenir sans-abri », explique-t-elle, en parlant d'une « sensibilité spéciale » chez les jeunes.

Linda Patterson, la mère de Leia, est venue à la soirée de visionnement alors que sa fille ne pouvait y assister. Leia devait participer à un festival de jazz dans la ville de Brandon ce soir-là.

« On ne parle pas français à la maison, et ça, c’est l’une des seules fois que j’ai la chance de l’entendre parler, j’étais tellement impressionnée par sa voix francophone. J’étais tellement fière pour elle et pour les écoles d’immersion », s'émeut Linda Patterson.

« Si on donne la chance aux jeunes, ils vont nous apporter beaucoup d’informations importantes », déclare Tessa Blaikie Whitecloud.