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Quand les somnambules ne ressentent pas la douleur

Si quelques somnambules ressentent la douleur en se blessant lors d'épisodes nocturnes, la plupart d'entre eux ne la ressentent pas, même s'il s'agit parfois de blessures graves comme des fractures.

Un texte de Richard Massicotte de l'émission Les Années lumière

Les scientifiques experts du sommeil rapportent des cas assez dramatiques, comme celui d'une fillette de huit ans qui a subi une fracture du sacrum en sautant d'une fenêtre, ou celui d'un homme qui s'est cassé le fémur en escaladant une gouttière.

Plusieurs de ces blessés ne ressentent aucune douleur durant leurs épisodes. Même leurs rythmes cardiaques ne changent pas. Fait incroyable, ces patients ne ressentent la douleur qu'une fois réveillés durant la nuit ou le matin suivant.

Un phénomène inquiétant, bien que rare

Des chercheurs de Montpellier, en France, ont démontré il y a quelques années qu'un somnambule sur cinq (22 %) vit ces épisodes au quotidien et 43 % vivent des événements une fois par semaine. Ce mal frappe de 2 % à 4 % de la population, ce qui est assez peu comparativement à l'insomnie, le grand mal du sommeil, qui, lui, peut toucher jusqu'au tiers de la population.

Il faut comprendre que le somnambulisme ne se manifeste pas seulement par le phénomène très médiatisé - et surtout romancé - des gens qui se lèvent la nuit et marchent en direction du réfrigérateur pour se faire un sandwich au jambon. Un somnambule peut aussi être une personne qui se « réveille » la nuit, par exemple en criant, sans nécessairement se déplacer.

Un lien avec les migraines

L'équipe de chercheurs de Montpellier vient de publier une étude dans le magazine scientifique Sleep, où elle a démontré qu'il y a un lien très fort entre les migraines - qui surviennent de jour et qui peuvent être très douloureuses - et le somnambulisme nocturne.

Elle a découvert que les migraineux, eux non plus, ne ressentent pas de douleur, qui peut être par ailleurs très intense.

Cette recherche renseigne aussi sur le sommeil profond, que l'on commence à mieux comprendre, durant lequel surviennent ces crises de somnambulisme.

Le Dr Régis Lopez, psychiatre au Centre hospitalier universitaire de Montpellier et premier auteur de l'étude, explique en quoi cette étude apporte quelques réponses au phénomène du somnambulisme :

Pour écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Pour le Dr Lopez, étudier le phénomène du somnambulisme pourra aussi nous aider à mieux comprendre le sommeil profond :

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Les recherches de ces chercheurs se poursuivent et se penchent maintenant plus précisément sur les mécanismes du somnambulisme. Selon le Dr Lopez, ils vont notamment tenter de mesurer la douleur par des tests de sensibilisation, à la fois chez les sujets somnambules et chez ceux qui ne le sont pas. Ils iront jusqu'à déclencher des crises pour mesurer la douleur chez ces patients.

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