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Radio-Canada, TV5, V, Bell Média et l'ONF concurrenceront Netflix sur son propre terrain

Radio-Canada, TV5 Québec Canada, Groupe V Média, Bell Média et l'Office national du film du Canada (ONF) s'unissent pour offrir plus de 700 heures de contenus sur la plateforme ICI Tou.tv Extra, a annoncé, mardi matin, le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette.

Lancée en 2010, ICI Tou.tv connaît ainsi une mutation majeure, qui a démarré mardi.

La nouvelle plateforme permettra d'écouter en rafale les épisodes grâce à l'enchaînement automatique, de reprendre le visionnement où on l'avait laissé, et ce, sur toutes les plateformes (Internet ou application), et proposera un contenu personnalisé (des fictions, des docus-réalités, des magazines ou des documentaires) selon les préférences et les visionnements passés des utilisateurs, comme le fait depuis longtemps Netflix.

Pour le moment, le catalogue comprend des contenus déjà diffusés au petit écran, dont Le chalet (VRAK), le documentaire Trou Story (ONF), SQ (V), Donnez au suivant (Canal Vie). De nouvelles séries pourraient bientôt s'ajouter, à commencer par Vendeur de rêves de V cet automne.

Et comme pour Netflix, le tout sera réservé à ceux qui se sont abonnés au volet payant, soit Tou.tv Extra. Seuls les premiers épisodes pourraient être présentés gratuitement pour mettre en appétit, ont laissé entendre les diffuseurs.

Front commun contre les géants américains

En tout, 55 % des francophones âgés de 18 à 34 ans sont abonnés à la célèbre plateforme américaine (contre 31 % dans la population) alors que la télévision générale et spécialisée sont en perte de vitesse et que l'écoute en différé gagne du terrain, particulièrement chez les amateurs de séries dramatiques.

Michel Bissonnette espère ainsi « ne pas échapper toute une génération » en misant sur l'union des forces francophones et sur la créativité.

« La bataille contre les chefs de file américains ne se gagnera pas par l’argent », ajoute-t-il.

Le vice-président principal de Radio-Canada a également mis de l'avant le besoin d'avoir du contenu en français dans lequel les jeunes se reconnaîtront.

Selon Michel Bissonnnette, le fait que Netflix produise désormais du contenu en d'autres langues que l'anglais (dont le français) a fait tomber une nouvelle barrière, menaçant l'offre télévisuelle québécoise. L'offre numérique a quant à elle fait tomber la barrière des frontières, explique-t-il.

D'autres médias québécois ont été contactés. Si le Groupe TVA (Québecor) n'a pas souhaité se joindre à l'aventure, Michel Bissonnette a indiqué que « d'autres partenaires comme Télé-Québec » pourraient, en revanche, se laisser tenter dans un avenir proche.