Un recensement d'oiseaux est en cours aux Bergeronnes, un site prisé par de nombreuses espèces qui migrent après avoir passé l'hiver dans les pays du sud. L'équipe de l'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac en a compté des dizaines de milliers volant à proximité de la côte au cours des derniers jours.

Un texte de Marlène Joseph-Blais

Depuis le 12 mai, à compter de 4 h chaque matin, les biologistes et les bénévoles de l'Observatoire sont au travail au bord de la rivière Bergeronnes, lorsque les conditions météorologiques le permettent.

Au printemps, les oiseaux arrivent du sud, mais ils vont souvent trop loin. S'opère alors une correction migratoire au cours de laquelle les oiseaux reviennent du nord en longeant le fleuve.

Bon nombre d'entre eux s'arrêtent aux Bergeronnes, où les observateurs peuvent en compter des milliers en vol chaque jour. Une personne mandatée par l'Observatoire dénombre ces oiseaux en déplacement au quai de la Pointe-à-John.

Capture et identification

Certains des oiseaux de passage en Haute-Côte-Nord sont capturés dans des filets. Les spécialistes peuvent ainsi les manipuler et mieux identifier leur espèce, leur âge et leur état.

« La première étape, c'est de mettre une bague sur l'oiseau. La bague, elle a un numéro unique pour savoir le reconnaître en Amérique du Nord », précise Pierre-Alexandre Dumas, biologiste et maître-bagueur à l'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac.

Environ 80 espèces peuvent être observées dans le secteur des Bergeronnes.

Une paruline à gorge orangée, une paruline tigrée, une paruline à tête cendrée et une mésange à tête noire font partie des nombreux oiseaux capturés samedi matin.

« La mésange, c'est un oiseau avec du caractère, donc là, elle est train de me mordre avec son bec parce qu'elle se défend », expliquait le bénévole Jean-Daniel Fiset, au moment de sortir l'oiseau du filet.

État des populations

Deux autres observatoires font un tel travail au Québec, l'un à Rimouski et l'autre à Montréal. Tous les oiseaux ne peuvent pas être comptés, mais les recensements effectués chaque année donnent un bon portrait de l'état des espèces.

« Il y a certains groupes qui sont en augmentation, certains groupes en déclin, explique Pierre-Alexandre Dumas. Les rapaces, donc les oiseaux carnivores, sont surtout en augmentation. Comme le pygargue, il présente une augmentation marquée, le faucon pèlerin. »

Le recensement s'étend sur près d'un mois aux Bergeronnes. D'ici le 7 juin, les professionnels et les bénévoles de l'Observatoire auront aperçu des dizaines de milliers d'oiseaux en vol et ils auront identifié plus de 2000 individus.