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Recherche en français en milieu minoritaire : beaucoup de défis

Malgré les progrès qu'elle dit avoir accomplis, la section sudburoise de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS) estime que les chercheurs francophones en contexte minoritaire sont toujours confrontés à de nombreux défis.

Un texte de Bienvenu Senga

« Nous sommes dans une perspective économique où, bien souvent, les bailleurs de fonds ou les instances des universités aimeraient investir [pour rejoindre] un grand nombre de personnes, ce qui n’est pas le cas pour la communauté francophone », constate le président de l’ACFAS-Sudbury, Georges Kpazaï.

Outre les défis financiers, le professeur à l’École des sciences de l’activité physique de l’Université Laurentienne note que la formation de la relève scientifique s’annonce ardue.

Il perçoit de la réticence de la part d’étudiants francophones à entreprendre des études supérieures en français.

L’ACFAS a trois autres sections régionales en Alberta, au Manitoba et en Saskatchewan.

Selon la présidente de l’ACFAS générale, Lyne Sauvageau, les défis de la promotion de la science en français se font sentir aussi dans ces provinces.

« La perception que le rôle de l’ACFAS est vital au développement des communautés est certainement plus grande en milieu minoritaire », avance-t-elle.

L’organisation met un point d’honneur à la vulgarisation de la science auprès des communautés francophones du pays.

Mme Sauvageau croit que la diffusion du savoir en français au sein de la communauté scientifique fait défaut.

« Quand on a une pression pour publier comme chercheur en anglais, on va s’intéresser à des choses qui vont nous permettre d’être publiés dans des revues britanniques ou américaines, qui n’ont pas les mêmes préoccupations que nous, note-t-elle. Cette perte de capacité à réfléchir sur nous-mêmes est peut-être l’enjeu le plus important. »

Un bilan positif

L’ACFAS-Sudbury fête ses 25 ans cette année. Les responsables de l’association se disent satisfaits du travail accompli.

« On est parvenus à sensibiliser le public et à créer des moments de réflexion entre chercheurs, ce qu’il n’y avait pas avant », observe M. Kpazaï.

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