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Sclérose en plaques : des travaux porteurs d’espoir

Depuis un an, tous les regards se tournent sur les travaux de Soheila Karimi, à la Faculté des Sciences Max Rady de l'Université du Manitoba, qui pourraient empêcher la détérioration de la myéline, attaquée par la sclérose en plaques.

Un texte de Barbara Gorrand

Pour aider les néophytes à comprendre l’objet de ses recherches, la professeure Soheila Karimi prend souvent l’exemple d’un câble électrique.

« Imaginez que le système nerveux, qui coordonne les mouvements musculaires et les réponses sensorielles, est un ensemble de réseaux câblés qui permettent la transmission de signaux rapides jusqu’au cerveau, explique-t-elle. Et pour que cette transmission s’opère le plus rapidement possible, les nerfs sont protégés d’une gaine, comme la gaine de plastique isolant qui entoure les fils électriques. C’est cette gaine, appelée la myéline, que nous cherchons à réparer. »

Et c’est là que réside toute l’innovation des travaux menés par Soheila Karimi. Alors que les travaux actuels se concentrentsur les fils du câble, la chercheuse se concentre elle sur la gaine.

« L’objectif est que les lésions de la myéline ne soient plus irréversibles, ce qui permettrait à l’information de continuer à être transmise », ajoute celle qui est décrite par ses pairs comme une sommité canadienne dans ce champ de recherche.

Et si elle a choisi de fonder ses recherches sur les lésions de la moelle épinière et la sclérose en plaques, c’est en réponse à un constat alarmant au Canada, qui, selon les données de la Société canadienne de la sclérose en plaques, affiche l’un des taux les plus élevés au monde de la maladie.

Un Canadien sur 385 touché par la maladie

Selon l’organisme, un Canadien sur 385 serait touché par la maladie neurodégénérative. En moyenne, 11 Canadiens reçoivent un diagnostic de sclérose en plaques chaque jour.

« Il n’y a pas vraiment d’explication à cela, déplore Soheila Karimi. Certains parlent du manque de vitamine D, d’autres de facteurs sociaux, liés à l’environnement, le régime alimentaire… Tout ce que l’on sait, c’est que beaucoup de patients souffrent, au Canada et notamment ici au Manitoba, et qu’il n’existe pas de traitement. »

Des années de travaux sur les lésions cérébrales ont ouvert la voie à des découvertes prometteuses concernant la réparation de la myéline. « Nous avons des résultats vraiment encourageants sur les animaux, effectivement », se réjouit la chercheuse.

C’est ce qui a conduit en 2017 la Société canadienne de la sclérose en plaques à accorder au laboratoire de Soheila Karimi une bourse de 358 000 $ pour financer ses recherches jusqu’en 2020.

Pour l’heure, Mme Karimi ne peut s’avancer quant à un potentiel essai clinique sur l’humain. « Il y a beaucoup de chemin à faire, de portes à refermer, cela va prendre quelques années », dit-elle.

Mais l’enjeu est tel qu’elle confie que son équipe travaille « sans arrêt » pour faire avancer la médecine, et offrir un autre avenir aux patients.