Après un voyage de sept mois à bord de l'orbiteur TGO (Trace Gas Orbiter), l'atterrisseur Schiaparelli s'en est séparé lundi pour amorcer une descente de trois jours vers la surface martienne. Mission en partie accomplie.

Un texte d'Alain Labelle

L'Agence spatiale européenne (ASE) risque gros avec cette mission réalisée en collaboration avec la Russie. Il y a treize ans, elle avait lancé la sonde Mars Express, toujours fonctionnelle en orbite, mais dont l'atterrisseur Beagle 2 n'avait pas survécu à sa descente vers la surface martienne. L'Agence veut à tout prix éviter un second échec avec ExoMars, qui a coûté 1,9 milliard de dollars.

Les sondes TGO et Schiaparelli ont parcouru pas moins de 486 millions de kilomètres depuis leur départ de la Terre, le 14 mars dernier.

Manœuvre délicate

Le duo s'est quitté dans la nuit de dimanche à lundi. L'orbiteur TGO a largué l'atterrisseur pour ensuite commencer les manœuvres qui lui permettront de s'insérer dans l'orbite de la planète mercredi.

Pour sa part, l'atterrisseur Schiaparelli doit encore parcourir 916 000 kilomètres avant d'atteindre, également mercredi, sa destination finale : la plaine Méridiani.
Il y rejoindra le robot Opportunity de la NASA, toujours en service, qui s'y trouve depuis 2004.

Jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

La descente de Schiaparelli se fera en douceur et durera trois jours. Seulement six minutes seront nécessaires à la sonde pour traverser l'atmosphère martienne et parvenir à sa surface.

L'engin de 577 kilos sera freiné par un bouclier thermique puis par un parachute, puis des rétrofusées entreront en action pour la ralentir davantage. Ses moteurs seront ensuite coupés tout près du sol et l'impact final sera amorti par une structure écrasable.

Objectif : trouver des traces de vie

La mission ExoMars tentera de trouver des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars.

  • TGO sera chargée de « renifler » l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane. Elle effectuera ainsi un inventaire complet des gaz à sa surface. Elle servira aussi de relais de communication pour d'autres sondes martiennes européennes qui seront déployées d'ici 2020, mais également pour les robots américains actuellement sur Mars. TGO commencera sa mission scientifique à la fin de l'année 2017, après une année de manœuvres de freinage destinées à circulariser son orbite.
  • L'atterrisseur Schiaparelli ne vivra que quelques jours (de 2 à 10 jours). La durée de sa survie dépendra en fait du froid qui règne sur Mars. Plus les températures seront basses, plus il consommera de l'énergie pour pouvoir travailler. Il est équipé d'une station météo qui mesurera la pression, la température, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les champs électriques.

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