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Seyed M. Hashemi : superviser une équipe d'étudiants passionnés par la haute technologie

ENTREVUE - L'équipe internationale Hyperloop de Ryerson est la seule équipe canadienne à avoir remporté un prix lors de la compétition Hyperloop de SpaceX en 2016. C'est le professeur Seyed M. Hashemi qui supervise cette équipe d'étudiants de l'Université de Ryerson, en Ontario.

Un texte de Sophie Vallée

Le système Hyperloop, un tube à basse pression dans lequel circulent des capsules, pourrait permettre de faire le trajet entre Montréal et Toronto en une trentaine de minutes.

Le fonctionnement de ce système n’est pas enseigné dans le cadre du baccalauréat en génie aérospatial.

L'équipe Hyperloop de Ryerson est née d’une passion de quelques étudiants, menés par le chef de l'équipe Graeme Klim.

La système de propulsion Hyperloop est une idée proposée par Elon Musk en 2012. L'inventeur et entrepreneur milliardaire expose alors les bases du système : des capsules de transport qui pourraient circuler à plus de 1000 km/h pour des trajets de plus de 1000 km.

En rendant cette idée publique, Elon Musk invite les entreprises à réfléchir au fonctionnement de ce système et éventuellement développer des modèles utilitaires.

Lors de la première compétition Hyperloop de SpaceX, société dirigée par l'homme d'affaires Elon Musk, l'équipe supervisée par le Dr. Hashemi remporte le prix d'innovation d'un sous-système d'Hyperloop (Subsystem Innovation Award) pour son système de roues rétractables.

Toutes ces avancées technologiques pourraient révolutionner l'avenir des systèmes de transport.

Pourquoi avez-vous décidé de devenir professeur en génie aérospatial?

J’ai toujours été intéressé par les avions. J’ai étudié en génie mécanique à l’Université de Sharif en Iran, j'ai fait ma maîtrise en France. Ensuite, j'ai fait mon doctorat en génie mécanique à l’Université Laval de Québec et mon postdoctorat à l’Université de Waterloo.

J’enseigne en génie aérospatial à l’Université Ryerson depuis 2001.

Qu’est-ce que le système Hyperloop?

Quand j’étais petit, on regardait le dessin animé Superman à la télévision. Chaque épisode débutait avec une intrigue “Qu’est-ce que c’est? Est-ce un avion? Est-ce une fusée? Non! C’est Superman!”. J'introduirais le système Hyperloop de la même façon : c'est un mélange de véhicules et d'éléments de technologie qui existent déjà. C'est un peu comme l'intégration de technologies existantes en un seul véhicule.

C'est quelque chose qui est capable de voyager à grande vitesse. Ce n'est pas un train puisque c'est dans un tube qui agit comme une sorte d'aspirateur, jusqu'à avoir 5 % de la quantité d'air qu'on a sur terre. De cette façon, on a beaucoup moins de force de trainée, on peut donc voyager très rapidement.

Avec le système Hyperloop, on utilise également la force électromagnétique afin que le train soit en apesanteur. Il n'y a donc pas de friction, ce qui, encore une fois, accélère la vitesse. Le but est de voyager à une vitesse qui se rapproche de la vitesse du son, c’est-à-dire 1200 km/h.

Nous devrions voir d'importantes avancées de ce système au cours des cinq prochaines années. La technologie est là, mais cela va dépendre de la détermination des équipes de conception, des entreprises et du soutien des gouvernements.

Selon moi, on utilisera d'abord ce système pour transporter de la marchandise.

Comment est née l’équipe internationale Hyperloop de Ryerson?

L'équipe a pris forme il y a à peu près deux ans. Tout a commencé avec un de mes étudiants, Graeme Klein.

Il est venu me voir en 2015 et m’a parlé d’une compétition organisée par Elon Musk. Il avait déjà formé une petite équipe d’étudiants et il m'a demandé si je voulais être leur superviseur.

On avait le support de l'industrie en aéronautique Safran, compagnie française pour laquelle Graeme avait déjà travaillé. Il avait donc certaines connaissances utiles dans ce domaine.

Il faut dire que c'était une équipe très motivée, c'est pour cette raison que ça m'a motivé également et que j'ai décidé de prendre le rôle de superviseur d'équipe.

La théorie et les éléments qui sont nécessaires pour bien comprendre le fonctionnement du système Hyperloop sont enseignés dans les cours, mais le projet Hyperloop n’est pas enseigné directement, ça ne fait pas partie du syllabus. Les étudiants qui font partie de l'équipe Hyperloop se penchent sur ce projet dans leurs temps libres.

En janvier 2016, vous avez participé à la compétition Hyperloop de SpaceX. Qu'est-ce que vous y avez présenté?

Après quelques réunions d’équipe, nous avons réalisé que nous n’avions pas assez de temps pour développer un système Hyperloop complet. On a donc décidé de se concentrer sur une partie du système Hyperloop.

La capsule, appelée « pod », voyage à basse vitesse au début et à la fin de la trajectoire. Elle a donc besoin de roues pour accélérer et ralentir. C'est pour cette raison que nous avons créé un système de roues rétractables.

Toutes les autres équipes qui prenaient part à la compétition s'étaient concentrées sur la conception d'un système complet. Nous étions la seule équipe à avoir présenté un élément du système Hyperloop. Nous avions également imprimé le système complet en 3D.

Nous avons reçu le prix de la meilleure conception d'une partie du sous-système d'Hyperloop pour nos roues rétractables. Nous étions la seule équipe canadienne a recevoir un prix lors de la compétition.

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